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1 novembre 2026Le chiffre circule partout depuis l’ouverture des débats à l’Assemblée nationale, mais que recouvre-t-il vraiment ? Le gouvernement vise un déficit de 12,7 milliards d’euros pour la Sécurité sociale en 2027. Pour y arriver, il compte à la fois sur de l’argent frais, sur des économies et sur un renoncement fiscal que l’on oublie souvent.
Mardi 20 octobre, les députés ont commencé l’examen en séance publique du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2027). Quatre jours plus tôt, le texte avait pourtant été rejeté en commission des affaires sociales. Voici comment lire ce budget, chiffre par chiffre.
Déficit de 12,7 milliards d’euros en 2027 : le budget de la Sécu en bref
Le texte du gouvernement prévoit un déficit des régimes obligatoires de base de 12,7 milliards d’euros l’an prochain. C’est une amélioration de 9,1 milliards par rapport à 2026, où le déficit atteint 21,8 milliards d’euros. La Cour des comptes parle d’un effort « vigoureux » dans une note publiée le jour même de l’ouverture des débats, rédigée à la demande de la commission des affaires sociales.
| Élément du budget | Montant |
|---|---|
| Déficit visé en 2027 | 12,7 milliards d’euros |
| Déficit en 2026 | 21,8 milliards d’euros |
| Recettes nouvelles | 6,6 milliards d’euros |
| Moindres dépenses | 8,7 milliards d’euros |
| Baisse de la TVA affectée | 5,4 milliards d’euros |
| Déficit sans mesures nouvelles | 22,6 milliards d’euros |
D’où vient l’amélioration : recettes nouvelles et moindres dépenses
Le gouvernement s’appuie sur deux leviers. D’un côté, 6,6 milliards d’euros de recettes supplémentaires. De l’autre, 8,7 milliards d’euros de moindres dépenses, autrement dit des économies. Ce sont ces dernières qui divisent le plus les parlementaires.
Reste un troisième élément, moins visible : l’exécutif réduit de 5,4 milliards d’euros la TVA affectée à la Sécu. Cette part de TVA, qui finance les comptes sociaux, diminue donc, ce qui vient grignoter le gain des deux premiers leviers. Si l’on additionne 6,6 et 8,7, puis que l’on retire 5,4, on obtient 9,9 milliards d’euros. C’est exactement l’écart entre le déficit sans mesures et la cible de 12,7 milliards.
Côté hémicycle, les mesures touchant aux retraites ont déjà suscité l’opposition des députés, sur fond de déséquilibre entre cotisants et retraités. La rigueur réclamée aux assurés et aux administrations de santé nourrit aussi les critiques. Le débat se joue donc autant sur la méthode que sur l’objectif.
Sans mesures, le déficit grimperait à 22,6 milliards

Pour mesurer l’enjeu, il faut regarder ce qui se passerait si rien ne changeait. Selon la Cour des comptes, le déficit de la Sécurité sociale atteindrait 22,6 milliards d’euros en 2027 sans aucune mesure nouvelle. Il serait alors supérieur à celui de 2026.
Le président de la sixième chambre, Bernard Lejeune, insiste sur la nécessité de tenir « l’objectif de 12,7 milliards d’euros ». Faute de quoi, la situation pourrait devenir « périlleuse », prévient le magistrat financier. Le message s’adresse directement aux députés, qui peuvent être tentés de détricoter les économies.
La première présidente de la Cour, Amélie de Montchalin, espère que ce document « sera particulièrement utile pour le débat parlementaire ». Elle défend depuis des semaines une approche fondée sur les faits, qu’elle qualifie de « bataille de la vérité ».
21,8 puis 12,7 : deux déficits qu’il ne faut pas confondre
Le chiffre de 21,8 milliards d’euros correspond à 2026. Celui de 12,7 milliards est la cible pour 2027, atteinte seulement si les mesures du gouvernement sont maintenues. Sans elles, la Cour des comptes annonce 22,6 milliards d’euros.
Une dépense d’assurance maladie contenue à 278,7 milliards
L’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) est fixé à 278,7 milliards d’euros en 2027. Il progresse de 2 % par rapport à 2026. La Cour souligne que c’est la hausse la plus basse depuis 2017.
Cette hausse modérée suppose de freiner des dépenses de santé qui tendent naturellement à croître avec le vieillissement de la population. C’est là que se logent une bonne partie des 8,7 milliards d’euros d’économies. Tenir cette trajectoire demandera donc un effort réel et durable, point sur lequel la Cour ne cesse d’alerter.
Le texte rejeté en commission, examiné en séance publique
Le calendrier explique la confusion de certains titres de presse. Le gouvernement a déposé son projet le 1er octobre. Vendredi 16 octobre, les députés l’ont rejeté en commission des affaires sociales. Cela ne met pas fin au processus : en séance publique, les débats repartent de la copie initiale du gouvernement, et non de la version issue de la commission.
Concrètement, les chiffres cités ici (12,7 milliards de déficit, 6,6 milliards de recettes, 8,7 milliards de moindres dépenses) concernent donc le texte du gouvernement. Les amendements adoptés dans l’hémicycle pourront les modifier. Si les économies sont rabotées sans compensation, le déficit final risque de s’éloigner de la cible, et se rapprocher des 22,6 milliards d’euros évoqués par la Cour des comptes.
Les prochains jours diront si une majorité se dégage pour voter un texte, et à quel prix pour les retraites et la santé. Le chiffre de 12,7 milliards d’euros reste, en tout cas, le point de repère de toute la discussion.
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