
Bailleur parisien lassé de l’encadrement des loyers, que faire d’un appartement qu’on ne loue plus
1 novembre 2026Vous venez d’ouvrir un livret au nom de votre fille ou de votre fils, et vous vous sentez plutôt fier. Dix-huit ans plus tard, certains parents déchantent : l’argent est parti en quelques semaines, l’impôt a été payé à la place de l’enfant, ou la somme était bloquée le jour où il fallait payer le permis. Rien de tout cela n’est une fatalité, à condition de connaître les pièges avant le premier versement.
Un compte au nom de l’enfant : un don irréversible qui lui appartient
Voici la règle qui conditionne tout le reste. Dès que l’argent est versé sur un compte d’épargne ouvert au nom d’un enfant, il lui appartient. Vous agissez comme représentant légal jusqu’à sa majorité, c’est-à-dire que vous gérez, mais vous ne possédez rien. Vous ne pouvez pas reprendre la somme pour dépanner le foyer, ni la réaffecter à un autre enfant.
Les parents qui puisent dans ce pécule pour leurs propres dépenses s’exposent à des comptes à rendre. À 18 ans, l’enfant peut demander où est passé son argent, et certains le font. Mieux vaut donc partir du principe que chaque euro versé est définitivement donné.
Quatre erreurs reviennent sans cesse dans les regrets des familles. Elles concernent le choix du produit, la fiscalité, la prise de contrôle à la majorité et la traçabilité des versements.
Erreur n°1 : choisir un produit inadapté à l’horizon et à la liquidité
Beaucoup de parents ouvrent le premier livret proposé par leur banque, sans se demander quand l’argent servira. Or l’objectif change tout. Une somme destinée au permis de conduire à 18 ans n’a rien à faire sur un produit bloqué. À l’inverse, un capital pensé pour les études supérieures dans quinze ans peut accepter un placement plus dynamique.
Le Livret A reste le point de départ le plus courant : il est disponible, sans frais et exonéré d’impôt, avec un plafond de 22 950 € pour un particulier. Son rendement, en revanche, suit les décisions de l’État et peut décevoir sur la durée. Pour une épargne long terme, l’assurance-vie ou le PEL entrent en jeu, mais chacun a ses contraintes.
| Produit | Disponibilité de l’argent | Intérêts | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Livret A | Immédiate | Exonérés | Rendement modeste, retraits encadrés avant 16 ans |
| PEL | Bloqué au moins 4 ans | Imposés | Un retrait avant 4 ans entraîne la clôture |
| Assurance-vie | Possible, mais avec fiscalité sur les gains | Selon le support et l’ancienneté | Frais de gestion et d’entrée à comparer |
Erreur n°2 : négliger la fiscalité des revenus du mineur

Un enfant mineur n’a pas de déclaration de revenus à lui. Tant qu’il est rattaché au foyer fiscal de ses parents, les gains d’un produit imposable s’ajoutent à leur déclaration. Les intérêts d’un PEL ou d’un compte à terme, par exemple, sont donc prélevés comme s’ils étaient les vôtres. Le rattachement des revenus au foyer fiscal surprend de nombreux parents au moment de remplir leur déclaration.
Ce détail pèse peu sur quelques dizaines d’euros d’intérêts. Il devient réel quand le capital grossit : un contrat bien alimenté pendant dix ans peut générer des gains qui alourdissent l’impôt familial. Les livrets réglementés comme le Livret A échappent à ce piège, ce qui explique en partie leur succès auprès des familles.
Erreur n°3 : oublier que l’enfant prendra le contrôle de son argent à sa majorité
Le jour de ses 18 ans, l’enfant peut vider son compte, sans vous prévenir et sans justification. La plupart des jeunes se montrent raisonnables, mais le scénario du voyage entre amis ou de la voiture d’occasion hors de prix n’a rien d’imaginaire. Votre rôle de représentant légal s’arrête net.
Si cette perspective vous inquiète, il existe des parades. Vous pouvez ouvrir une assurance-vie à votre propre nom et y désigner l’enfant comme bénéficiaire : vous gardez la main de votre vivant. Une autre voie consiste à prévoir un contrat avec une clause particulière lors de la donation. Dans tous les cas, mieux vaut en parler avec lui avant ses 18 ans, pour que l’argent ait un projet plutôt qu’une simple échéance.
Avant la majorité, le contrôle parental reste réel. Dès 16 ans, un mineur peut retirer seul de l’argent de son Livret A, sauf si le représentant légal s’y oppose. En dessous de cet âge, ses retraits passent par vous.
31 865 € : le don d’argent qui ne marche pas pour un mineur
Le don familial de sommes d’argent exonéré, plafonné à 31 865 € à ce jour, est réservé à un bénéficiaire majeur. Pour un enfant de 10 ans, il faut passer par d’autres mécanismes, comme l’abattement classique sur les donations, et vérifier les seuils en vigueur avant d’agir.
Erreur n°4 : ne pas tracer les versements ni anticiper les plafonds de donation
Verser régulièrement de l’argent sur le compte de son enfant est une donation, même sans notaire. En France, chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chacun de ses enfants tous les 15 ans sans droits de succession, et chaque grand-parent jusqu’à 31 865 € par petit-enfant. Ces abattements dépassent largement les sommes d’une épargne ordinaire, mais ils s’additionnent aux dons passés.
Le problème apparaît des années plus tard, lors d’une succession. Si personne n’a gardé la preuve des versements, l’administration fiscale ou un frère ou une sœur peuvent contester l’origine des fonds. Conservez les relevés, notez qui a donné quoi, et déclarez les gros dons en bonne et due forme. Quelques minutes de rigueur évitent des litiges familiaux pénibles.
Pensez aussi aux frais de gestion : certains comptes pour mineurs et contrats d’assurance-vie en facturent chaque année, et ces prélèvements grignotent un petit capital sur dix ou quinze ans. Comparez avant de signer.
Le bon réflexe avant d’ouvrir le compte

Posez-vous trois questions avant le premier versement. À quoi servira l’argent, et dans combien de temps ? Qui doit rester aux commandes à 18 ans ? Les gains seront-ils imposables dans votre foyer ? Les réponses orientent le choix entre livret réglementé, PEL ou assurance-vie bien plus sûrement qu’une brochure de banque.
Dans le doute, un Livret A pour la part disponible à court terme et un contrat plus long pour le reste forment un compromis courant. Quel que soit votre choix, gardez en tête que cet argent n’est plus le vôtre, et que votre enfant finira par le réclamer.
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