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21 octobre 2026
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21 octobre 2026Un cotisant pour un retraité chez les fonctionnaires, 1,44 dans l’ensemble des régimes de retraite. Ces chiffres font peur, et la question qui vient aussitôt est toujours la même : vais-je toucher moins ? La réponse dépend d’un point que les débats mélangent sans cesse : être déjà retraité ou le devenir un jour.
Ce que le déséquilibre change, et ne change pas, pour votre pension
Commençons par l’essentiel. Les propositions actuellement sur la table ne touchent pas aux pensions déjà liquidées. Le rapport de la Cour des comptes sur les retraites des fonctionnaires ne fixe d’ailleurs aucune règle nouvelle : il éclaire le législateur, sans modifier ni les pensions ni les cotisations.
Pour les pensions futures, le tableau est différent. Quand il y a peu de cotisants pour beaucoup de retraités, le système n’a que trois leviers : relever les cotisations, ralentir la hausse des pensions, ou repousser l’âge de départ. Aucun n’est indolore, et c’est là que se joue le risque de manque à gagner. Il se traduit surtout par une pension qui progresse moins vite que le niveau de vie des actifs, plus que par une baisse brutale du montant.
Un chiffre mesure l’état d’esprit du moment : 53 % des Français se disent prêts à une baisse des retraites, à commencer par les plus élevées. Entre ce sentiment et une décision votée, il y a toute la distance du débat parlementaire.
1,44 cotisant par retraité : pourquoi le ratio se dégrade
Notre système fonctionne en répartition : les cotisations des actifs paient, le jour même, les pensions des retraités. Il n’y a pas de cagnotte personnelle qui dormirait quelque part avec votre nom dessus. Le ratio cotisants retraités est donc le thermomètre du système.
Avec 1,44 cotisant par retraité, l’équilibre devient plus fragile à chaque génération qui part. C’est la transition démographique à l’œuvre : les générations nombreuses quittent l’emploi, les suivantes sont moins fournies, et l’espérance de vie allonge la durée de versement des pensions. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) projette d’ailleurs un déficit des retraites qui persiste à l’horizon 2070.
Ce ratio ne dit pourtant pas tout. Il ne précise ni le niveau des salaires, ni l’emploi des seniors, ni la productivité. Il signale une tension, il ne fixe pas à lui seul le montant de votre future retraite.
Fonctionnaires : 1 cotisant pour 1 retraité, 22 milliards et ce que la Cour recommande

Le cas des agents de l’État est le plus frappant, avec un seul cotisant pour un retraité. L’équilibre y est maintenu par un compte spécial du budget, le compte d’affectation spéciale Pensions. Il encaisse la retenue des agents et la contribution de l’État, puis verse les pensions. Sa règle est unique : l’équilibre, quoi qu’il arrive.
Le taux employeur y joue donc le rôle de variable d’ajustement. Pour les civils, il est passé de 74,28 % à 82,28 % entre 2024 et 2026. Dans le privé, l’employeur verse environ 16,7 % du salaire, sans que le déséquilibre du régime général y apparaisse. Comparer les deux chiffres bruts est trompeur dans les deux sens.
Ce que la Cour reproche, c’est que ce taux unique mélange trois choses : le coût du travail, la compensation de la démographie et le financement des avantages spécifiques, comme les départs anticipés. Elle recommande de les séparer dès le budget 2027. Voici sa feuille de route :
- rendre le financement lisible dans le document sur les pensions annexé au budget ;
- revoir les circuits d’argent entre l’État et le compte des pensions à partir de 2029 ;
- réexaminer régulièrement les départs anticipés, qui ont coûté 850 millions d’euros de plus en 2025 ;
- aligner la cotisation des agents sur celle des salariés du privé ;
- mesurer l’effet des politiques d’emploi public sur le nombre de futurs cotisants.
Le rapport plaide pour une convergence progressive avec le privé, sans toucher aux pensions déjà servies. Les 22 milliards d’euros par an portent sur le financement, pas sur le montant versé aux retraités.
550 € par foyer fiscal : l’ordre de grandeur à garder en tête
22 milliards d’euros divisés par environ 40 millions de foyers fiscaux donnent 550 € par foyer et par an. Ce n’est pas une ligne de votre avis d’imposition, seulement un ordre de grandeur : la dépense est financée par l’ensemble des recettes de l’État (impôt sur le revenu, TVA, emprunt). À titre de comparaison, les seuls intérêts de la dette publique pèsent 2 226 € par foyer en 2026.
Pour un fonctionnaire : calcul sur les 6 derniers mois, RAFP et trimestres manquants
Si vous êtes agent de l’État, rien ne bouge sur votre pension à la lecture de ce rapport. Elle se calcule toujours sur le traitement indiciaire des 6 derniers mois de carrière, hors primes. Le régime général, lui, retient les 25 meilleures années. Les primes, environ un quart de la rémunération, alimentent depuis 2005 un régime complémentaire par points, le RAFP.
Autre repère : l’âge moyen de départ des civils sédentaires atteint 63,5 ans, tout près du privé. Et comme dans le privé, un trimestre manquant se paie : chaque trimestre absent du relevé de carrière coûte 1,25 % de pension à vie. Une seule retenue possible pourrait évoluer : la cotisation des agents, qui pourrait augmenter légèrement si le législateur suit la recommandation d’alignement.
| Point de comparaison | Fonctionnaire (État) | Salarié du privé |
|---|---|---|
| Base de calcul | 6 derniers mois, hors primes | 25 meilleures années |
| Part des primes | Retraite par points via le RAFP | Intégrées au salaire de référence |
| Cotisation de l’employeur | 82,28 % en 2026 (civils) | Environ 16,7 % |
| Trimestre manquant | 1,25 % de pension en moins | 1,25 % de pension en moins |
Réforme des paramètres ou du système : ce qui pourrait changer et comment anticiper

Deux écoles s’affrontent. La réforme des paramètres touche l’âge de départ, la durée de cotisation ou les taux : c’est la voie classique, celle qui vous concerne le plus directement, car elle s’applique aux droits à venir. La réforme du système, elle, changerait l’architecture elle-même, par exemple en rapprochant les règles du public et du privé. Dans les deux cas, les droits acquis et les pensions déjà versées sont jusqu’ici épargnés.
Comment se protéger sans attendre l’issue du débat ? Commencez par le relevé de carrière à relire : un trimestre manquant se corrige, à condition de le repérer à temps. La vérification avant 55 ans vaut pour les agents publics comme pour les salariés. Une simulation de pension vous donnera ensuite un ordre de grandeur de votre taux de remplacement, c’est-à-dire de l’écart entre votre dernier revenu d’activité et votre future retraite.
Enfin, une part croissante de la retraite se prépare à titre individuel, quelle que soit la réforme retenue. Un versement sur un plan d’épargne retraite avant le 31 décembre se déduit du revenu imposable, et une assurance-vie ouverte tôt laisse le choix entre capital et rente au moment de la retraite, en gardant un œil sur les frais d’un contrat PER. Ce n’est pas une obligation, mais une marge de manœuvre de plus face à un système dont le ratio de cotisants ne va pas se redresser de lui-même.
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