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21 octobre 2026Créé en octobre 2019, le PER fête ses 7 ans et ne manque pas d’admirateurs : plus de 150 milliards d’euros d’encours, près de 13 millions de détenteurs. Un succès qui pourrait encore s’amplifier, mais sous une autre forme. Pour Alexis Trigaut, directeur commercial vie et retraite de Corum L’Épargne, « la collecte devrait continuer à progresser, mais peut-être avec de plus petits montants, du fait du rajeunissement de la clientèle ».
Or c’est là que le bât blesse. Plus les versements sont modestes, plus les frais pèsent lourd dans l’épargne retraite. Avant de remplir votre prochain virement, voyons ce que votre plan d’épargne retraite vous coûte vraiment, bien avant le premier euro de rente.
Quels frais peuvent réduire un PER avant votre départ à la retraite ?
La réponse tient en une phrase : il n’y a pas un seul type de frais, mais plusieurs couches qui s’empilent. Un contrat affiché « sans frais » ne couvre souvent que l’une d’elles, en général les frais d’entrée. Les autres continuent de s’appliquer, souvent sans que vous les voyiez passer sur votre relevé.
| Type de frais | Quand il s’applique | Sur quoi il pèse |
|---|---|---|
| Frais sur versement (ou frais d’entrée) | À chaque dépôt | Une part de chaque versement volontaire |
| Frais de gestion annuels | Chaque année | L’encours du contrat, fonds en euros comme unités de compte |
| Frais d’arbitrage | À chaque changement de support | Le montant déplacé |
| Frais de transfert | Au départ ou à l’arrivée d’un contrat | L’épargne transférée |
Les frais sur versement se voient tout de suite, puisqu’ils réduisent la somme réellement investie. Les frais de gestion annuels, eux, se prélèvent en continu sur l’encours, ce qui les rend moins visibles mais bien plus coûteux sur la durée.
Comment quelques dixièmes de pourcent de frais grignotent le capital année après année
Un pourcent par an, cela semble anodin. Pourtant, c’est un prélèvement qui se répète et qui prive aussi de ses propres intérêts, car l’argent retiré ne travaille plus.
Prenons un exemple chiffré, purement illustratif. Vous versez 2 400 € par an pendant 20 ans, soit 48 000 € au total, avec un rendement brut de 4 % par an. Sans aucun frais, vous obtenez environ 71 500 €. Avec 1 % de frais de gestion annuels, le rendement net de frais tombe à 3 % et le capital atteint environ 64 500 €. L’écart avoisine 7 000 €, soit près de 10 % de l’épargne finale, uniquement à cause d’un point de frais.
7 000 € d’écart pour un seul point de frais
Même versement, même rendement brut, même durée : seul le niveau des frais annuels change. Refaites ce calcul avec les chiffres de votre contrat, il parle plus que n’importe quelle plaquette.
Et ce calcul ne tient même pas compte d’éventuels frais d’entrée. Si le contrat prélève en plus un pourcentage sur chaque versement, l’écart se creuse dès la première année.
Le piège des petits versements
La tendance au rajeunissement des épargnants change la donne. Quand on verse 50 ou 100 € par mois, les frais fixes prennent une place démesurée. Un forfait annuel de 30 €, par exemple, représente 1 % d’un contrat de 3 000 € mais 5 % d’un contrat de 600 €.
Les jeunes épargnants qui démarrent avec de petites sommes ont donc intérêt à traquer les frais forfaitaires, les minimums de prélèvement et les seuils de versement. Un contrat apparemment bon marché pour un gros épargnant peut se révéler pénalisant pour un petit versement.
Frais de gestion, unités de compte et arbitrages : les postes à vérifier en priorité

Dans un PER, l’épargne se répartit entre le fonds en euros et des unités de compte. Les frais de gestion annuels ne sont pas toujours identiques d’un support à l’autre. Les unités de compte cumulent souvent les frais du contrat et ceux du fonds lui-même, ce qui alourdit la facture sans que le total apparaisse clairement.
Le mode de gestion compte aussi. En gestion libre, vous choisissez vos supports et assumez vos arbitrages. En gestion pilotée, un gestionnaire ajuste l’allocation selon votre horizon de départ, et cette délégation a un prix, ajouté aux frais du contrat. La question à se poser est simple : l’accompagnement apporté compense-t-il la ligne de frais supplémentaire ? Une gestion pilotée qui affiche une meilleure performance nette que votre gestion libre se justifie. Celle qui coûte plus cher pour un résultat comparable, beaucoup moins.
Gardez aussi un œil sur les frais d’arbitrage. Certains contrats offrent quelques arbitrages gratuits par an, d’autres facturent chaque opération. Si vous comptez rééquilibrer votre portefeuille ou réduire progressivement le risque en vieillissant, ce détail pèse.
Transfert d’un ancien contrat : les frais à ne pas négliger
Beaucoup de souscripteurs transfèrent un ancien PERP ou un contrat Madelin vers un PER plus récent, dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions. L’idée est bonne, à condition de chiffrer l’opération. Le contrat de départ peut facturer des frais de transfert, et le contrat d’arrivée peut prélever des frais sur l’épargne transférée.
Avant de bouger, demandez à votre assureur actuel le coût exact de la sortie, ainsi que les avantages éventuels que vous perdriez (certaines garanties ou conditions de rente). Ensuite, comparez ce coût à l’économie annuelle attendue sur les frais de gestion. Si le gain met dix ans à effacer la facture de transfert, l’opération mérite réflexion.
Frais de sortie et fiscalité : le coût final réel
Le coût d’un PER ne s’arrête pas à la phase d’épargne. À la retraite, vous pouvez sortir en capital, en rente ou en panachant les deux. Chaque option a son régime fiscal, et la fiscalité à la sortie dépend aussi de la nature de vos versements : déduits ou non de votre revenu imposable à l’entrée.
Le déblocage anticipé reste possible dans des cas prévus par la loi, comme l’achat de la résidence principale. Là aussi, la fiscalité s’applique différemment selon l’origine des sommes retirées. Certains contrats ajoutent des frais sur la rente servie, qu’il faut également lire dans les conditions.
Comment comparer deux PER et demander les frais par écrit

Pour comparer deux contrats, ne vous fiez pas au slogan commercial. Réclamez la tarification complète et le document d’informations clés, qui détaille les coûts du produit. Puis posez les questions suivantes, par écrit si possible :
- Quels sont les frais sur versement et les frais d’entrée, pour les versements volontaires comme pour les versements réguliers ?
- Quels frais de gestion annuels s’appliquent au fonds en euros et à chaque unité de compte envisagée ?
- Combien coûtent les arbitrages, la gestion pilotée et un éventuel transfert ?
- Quels frais ou prélèvements s’appliquent à la sortie en capital ou en rente ?
Mettez ensuite les réponses côte à côte et refaites le calcul sur 20 ans avec votre propre montant de versement. Un conseiller sérieux n’a aucune raison de refuser de détailler ses frais. Et si la réponse reste floue, considérez que c’est déjà une information sur le contrat.
Le PER reste un outil intéressant pour préparer sa retraite, d’autant que l’épargne continue d’y affluer. Mais ce qui compte au bout du compte, c’est ce qui reste dans votre poche, et il ne dépend pas seulement du rendement affiché, mais aussi du niveau de frais de votre contrat.
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