
Premier salarié dans une petite entreprise, les erreurs d’embauche qui coûtent cher dès la première année
27 octobre 2026Vous avez ouvert un compte chez Degiro, eToro ou Interactive Brokers pour acheter vos premières actions ? Votre banque française, elle, n’en sait rien. Et le fisc attend que vous l’en informiez vous-même, faute de quoi la facture grimpe à 1 500 € par compte et par an.
Le piège est d’autant plus sournois que ce courtier n’enverra rien à l’administration à votre place. Voici ce qu’il faut déclarer, où, et comment ne pas confondre le compte et les revenus qu’il produit.
Compte chez un courtier étranger : faut-il le déclarer au fisc ?
Oui. Tout compte-titres tenu par un établissement situé hors de France doit figurer sur le formulaire 3916-bis, qui se remplit dans votre espace personnel sur le site des impôts au moment de la déclaration de revenus. L’obligation vaut même si le compte est vide, et même s’il est clôturé dans l’année : ouvert, utilisé ou fermé en cours d’année, il doit être signalé.
L’oubli est sanctionné d’une amende de 1 500 € par compte et par an. Deux comptes oubliés, c’est donc 3 000 € pour une seule année. Le chiffre n’a rien d’une menace en l’air : il explique pourquoi cette ligne, souvent ignorée des débutants, mérite dix minutes d’attention.
Le sujet concerne de plus en plus de monde. Au premier semestre 2026, 435 000 particuliers ont passé leur premier ordre de bourse. Beaucoup l’ont fait chez un courtier en ligne étranger et rempliront ces formulaires pour la première fois en 2027, sur leurs revenus 2026.
Quel compte est concerné : le nom de l’entité qui tient le compte
Ce qui compte, ce n’est ni la marque, ni la langue de l’application, ni le pays où vous vivez. C’est l’entité juridique qui tient votre compte. Prenons Degiro : le compte est géré par flatexDEGIRO Bank SE, à Francfort. Pour le fisc, il est donc bien à l’étranger.
À l’inverse, une banque étrangère qui opère en France par une succursale n’est pas « à l’étranger » au sens du formulaire. Le réflexe utile consiste à lire, avant d’ouvrir le compte, le nom de l’entité inscrit sur le contrat. Si elle est établie dans un autre pays, la déclaration s’impose.
Succursale ou entité étrangère : le test du contrat
Ouvrez votre contrat ou votre espace client et cherchez la mention « établissement teneur de compte ». Une adresse en France et une succursale française dispensent du 3916-bis. Une adresse à Francfort, Dublin ou ailleurs vous y obligent. Les néobanques dont le compte est tenu hors de France posent exactement la même question : Revolut, Trade Republic ou XTB ne font pas exception.
Remplir le 3916-bis : cinq informations à réunir

Le formulaire sert à identifier chaque compte, un par un. Tout se trouve sur le contrat ou dans l’espace client du courtier. Mieux vaut rassembler ces éléments avant d’ouvrir la déclaration de revenus, pour ne pas la laisser en plan à mi-chemin.
- Le nom et l’adresse de l’établissement qui tient le compte, par exemple flatexDEGIRO Bank SE à Francfort pour Degiro.
- Le numéro du compte, tel qu’il figure sur le contrat ou dans l’espace client.
- La date d’ouverture et, s’il a été fermé, la date de clôture.
- La nature du compte : compte-titres, compte courant ou compte d’épargne.
- L’usage du compte, personnel si vous investissez pour vous-même.
Un conseil de bon sens : si vous avez plusieurs courtiers, par exemple un compte-titres chez Interactive Brokers et un autre chez eToro, remplissez une ligne par compte. Chacun est comptabilisé séparément, et l’amende aussi.
Le 3916-bis ne déclare pas les revenus : acomptes, 2047 et 2074
C’est ici que beaucoup de particuliers se trompent. Le 3916-bis signale l’existence d’un compte, il ne déclare aucun revenu. Un courtier étranger n’envoie pas le relevé fiscal annuel qu’une banque française adresse à ses clients, l’IFU, et il ne prélève rien à la source pour le fisc français.
Une banque française retient au contraire un acompte de 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux au versement des dividendes et intérêts. Chez un courtier étranger, cette démarche vous revient. La chaîne complète se résume ainsi :
| Formulaire | Ce qu’il sert à déclarer | Quand |
|---|---|---|
| 3916-bis | Le compte lui-même (pas les revenus) | Au printemps, avec la déclaration |
| 2778-DIV | Acompte sur les dividendes | Avant le 15 du mois suivant leur versement |
| 2778 | Acompte sur les intérêts | Avant le 15 du mois suivant leur versement |
| 2047 | Dividendes et intérêts perçus | Au printemps |
| 2074 | Gains et pertes à la revente | Au printemps |
Les foyers dispensés d’acompte ne versent que les prélèvements sociaux. Quant au solde de l’impôt, acomptes déduits, il apparaît ensuite sur l’avis d’imposition. Ne le découvrez pas en septembre : calculez-le à l’avance.
Flat tax, barème et moins-values : ce qui change le montant de l’impôt
Sur ces revenus, le taux de référence reste celui de la flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique. En 2026, il atteint 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), le niveau le plus élevé parmi les enveloppes de placement. Vous pouvez toutefois opter pour le barème progressif, ce qui peut jouer en votre faveur si votre tranche d’imposition est basse. Cette option vaut pour l’ensemble de vos revenus concernés de l’année, pas pour une ligne seulement.
Le compte-titres garde malgré tout un atout que le PEA n’offre pas : c’est la seule porte vers les actions américaines en direct ou vers les obligations. Cet accès justifie de s’y intéresser, à condition d’accepter la paperasse qui l’accompagne.
Côté pertes, la mécanique est plus clémente. Une moins-value réalisée sur une revente s’impute sur vos plus-values de la même année. Si elle n’est pas absorbée, elle devient reportable sur les années suivantes, pendant 10 ans. D’où l’intérêt de bien renseigner le formulaire 2074 même une année où vous avez perdu de l’argent : une perte non déclarée est une perte qui ne servira à rien.
Erreurs fréquentes et faux mails : éviter l’amende

Les oublis les plus courants tiennent à quelques confusions. Certains pensent qu’un compte vide ou dormant n’a pas à être déclaré. D’autres déclarent le compte sur le 3916-bis mais oublient les dividendes sur la 2047, ou reportent un gain au mauvais endroit entre la 2042 et la 2074. Le contrôle de la case consacrée aux comptes à l’étranger sur la déclaration principale, la 8UU, fait aussi partie des vérifications à ne pas bâcler.
Autre cas limite fréquent : un compte fermé en cours d’année. Il reste à déclarer, avec sa date de clôture. Même logique pour un compte ouvert en décembre sans aucun ordre passé : l’ouverture suffit.
Cette obligation nourrit aussi les tentatives d’escroquerie. Un mail ou un SMS pressant de « régulariser votre 3916 » sous peine d’amende mérite la plus grande méfiance. La déclaration se remplit dans l’espace personnel sur le site des impôts, jamais depuis un lien reçu par message. Si le doute persiste, connectez-vous directement par votre navigateur, sans cliquer.
Et l’épargne qui reste en France ?
Bonne nouvelle pour la part de votre épargne qui ne part pas en bourse : elle échappe à ces démarches lorsqu’elle reste sur un livret ouvert dans une banque française. Aucun formulaire 3916 n’est alors à remplir. Les livrets réglementés restent en outre exonérés d’impôt.
Résumons le bon réflexe : lisez le nom de l’entité sur le contrat, déclarez chaque compte sur le 3916-bis, versez vos acomptes si vous y êtes soumis, puis reportez dividendes et plus-values sur les bons formulaires. Quelques minutes de rigueur valent mieux qu’une amende de 1 500 € qui revient chaque année.
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