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26 octobre 2026Environ 550 euros par salarié et par an. C’est le montant que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale ferait peser sur les entreprises, d’après le Medef. Un chiffre lancé au moment où les salariés attendent des réponses sur leur rémunération.
Dans un communiqué publié mardi, l’organisation patronale dirigée par Patrick Martin affirme que le budget de la Sécu pour 2027 réduirait la marge dont disposent les employeurs pour augmenter les salaires. Reste à comprendre ce que recouvrent ces calculs, et ce qu’il faut en penser.
Le Medef chiffre à 11 milliards d’euros le surcoût du travail du budget de la Sécu 2027
Selon le Medef, le PLFSS 2027 « impose plus de 11 milliards d’euros de surcoût du travail aux entreprises ». Sur cette somme, 9,3 milliards d’euros proviendraient de la réduction des allègements de cotisations patronales. L’organisation précise que ce calcul inclut les mesures déjà actées cette année.
Pour rendre ce montant parlant, le Medef le convertit en pourcentage de la masse salariale du secteur privé : cela représente 1,6 %. Rapporté aux effectifs, cela donne en moyenne 550 euros par salarié et par an.
Une estimation patronale, pas un chiffrage officiel
Ces montants sont les calculs du Medef lui-même. La moyenne de 550 euros lisse des situations très différentes : une entreprise qui emploie surtout des salariés proches du Smic sera bien plus touchée qu’une société dont les rémunérations sont élevées.
Pourquoi le Medef estime que ce surcoût freinera les hausses de salaire
Le raisonnement tient en une idée : une entreprise dispose d’une enveloppe limitée pour sa masse salariale. Si les cotisations patronales augmentent parce que les allègements généraux reculent, une partie de cette enveloppe part vers la Sécu au lieu d’aller dans les fiches de paie.
Le Medef place le débat au moment des négociations annuelles obligatoires. Les salariés y attendent des réponses sur leur rémunération, rappelle-t-il, or cette hausse du coût du travail absorberait « une part significative » des moyens disponibles pour les augmentations de salaires.
Concrètement, le patronat dit à ses interlocuteurs que la discussion sur les salaires se tiendra avec des marges réduites. Pour un salarié, cela pourrait se traduire par des augmentations plus modestes que prévu, voire par des négociations plus tendues dans les branches.

Le Medef va plus loin et évoque « environ 200.000 » emplois qui pourraient être détruits à moyen terme. Il s’agit là encore d’une projection de l’organisation, sans que la méthode de ce chiffrage soit détaillée dans son communiqué.
Selon lui, les mesures sur les allègements généraux touchent particulièrement « les emplois proches du Smic, les plus sensibles au coût du travail ». Ce sont ces postes, explique-t-il, que le surcoût du travail fragiliserait en priorité, puisque l’écart entre le salaire versé et le coût total pour l’employeur y pèse davantage.
Autre crainte exprimée : les tensions sociales. Le Medef juge que ces mesures « risquent d’importer des tensions sociales dans les entreprises », qui seraient jusqu’ici « l’un des derniers collectifs apaisés de la société française ». Une formule qui sonne aussi comme un message adressé aux pouvoirs publics.
Ce que demande le Medef et où en est le budget au Parlement
La demande du Medef est précise : il appelle le gouvernement et le Parlement à revenir en priorité sur la réduction des allègements généraux de cotisations. Autrement dit, il cible d’abord la mesure qui pèse le plus lourd dans son calcul, soit les 9,3 milliards d’euros.
Le calendrier politique s’accélère. Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit recevoir les grands syndicats de salariés mercredi matin à Matignon, et le texte reste en discussion avant son passage devant l’Assemblée nationale et le Sénat, sur fond de trou de 12,7 milliards d’euros dans les comptes de la Sécu.
La CFDT veut un Smic relevé de 100 euros
Du côté syndical, la position est inverse. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a annoncé mardi qu’elle réclamait une hausse du Smic de 100 euros ainsi que l’ouverture de négociations salariales dans toutes les branches.
Elle a aussi posé une condition aux employeurs : « Les entreprises qui ne jouent pas le jeu de la négo ne doivent plus toucher les exonérations de cotisations dont elles bénéficient. » Le débat sur le coût du travail se double donc d’un débat sur le pouvoir d’achat et sur les contreparties aux aides versées aux entreprises.
Une charge ou un pilier ? Le débat de fond
Derrière les chiffres, une question plus large traverse le sujet : la protection sociale est-elle un poids pour l’économie ? Certains économistes contestent cette lecture et rappellent que la Sécu finance aussi la santé, les retraites et la famille, ce qui profite aux salariés comme aux employeurs. Le Medef, lui, raisonne à partir de ce que chaque euro de cotisation supplémentaire coûte à l’entreprise.
Pour savoir ce que vos prochaines négociations salariales donneront vraiment, il faudra attendre le texte final. Les 11 milliards d’euros avancés par le Medef resteront une estimation tant que les arbitrages sur les allègements de cotisations patronales ne seront pas votés.
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