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27 octobre 2026Acheter des boîtes Lego en espérant les revendre plus cher, beaucoup y pensent. Peu savent ce que cela rapporte vraiment. Une nouvelle étude publiée le 15 octobre 2026 apporte des chiffres concrets, tirés des achats réels de milliers de passionnés.
Brickfact a épluché les achats et reventes de 12 931 collectionneurs pour mesurer la rentabilité des Lego. Sa conclusion tient en une idée : ce que vous gagnez dépend beaucoup plus du prix auquel vous achetez que du set que vous choisissez.
Le collectionneur médian gagne 7 % par an
Voici le chiffre à retenir. Au 30 septembre 2026, date de fin des données, le collectionneur situé pile au milieu de l’échantillon affiche un rendement médian de 7 % par an. Pour un budget médian d’un peu moins de 2 000 euros, sa collection vaut aujourd’hui environ un quart de plus que ce qu’elle a coûté.
Pourquoi la médiane plutôt que la moyenne ? Parce que la moyenne grimpe à 12,3 %, mais elle est tirée vers le haut par quelques collectionneurs aux résultats exceptionnels. La médiane reflète mieux le cas du participant ordinaire. Et ce cas n’est pas toujours rose : un peu plus de 12 % des participants sont en perte.
7 % contre 12,3 % : pourquoi l’écart compte
Si vous comparez votre résultat à la moyenne, vous risquez d’être déçu. La médiane signifie que la moitié des collectionneurs fait mieux et l’autre moitié moins bien. C’est le bon repère pour un investissement Lego réaliste.
Ce rendement annuel est d’ailleurs en retrait par rapport à la première étude, publiée en allemand en 2024, qui annonçait 10,8 %. Une partie de l’écart vient de la méthode : recalculées avec les règles actuelles, les anciennes données donnent 9,7 %. Pour le reste, les prix des Lego sont restés plutôt stables ces deux dernières années, alors que le groupe danois a connu une année 2025 record, avec un chiffre d’affaires en hausse de 12 % à 83,5 milliards de couronnes danoises et plus de 860 nouveaux sets lancés.
Une étude fondée sur les achats réels de 12 931 collectionneurs
Brickfact est à la fois l’auteur de l’étude et l’éditeur de l’application qui permet de suivre la cote de ses sets. Gardez cette double casquette en tête en lisant les résultats. La méthode reste toutefois détaillée avec précision.
Les données viennent des transactions saisies par les utilisateurs eux-mêmes : le set, la date, la quantité et le prix payé. Cela représente environ 1,1 million de boîtes pour 58,6 millions d’euros dépensés, la plupart des achats datant de 2022 à 2024. Les comptes de moins de 10 transactions ont été écartés, de même que les achats d’avant 2010 et ceux déclarés à moins de 30 % du prix public, jugés comme des erreurs de saisie.
Une limite mérite d’être soulignée. Les sets encore dans leur boîte ne sont pas valorisés à un prix de vente réel, mais à partir d’estimations du site, qui s’appuient sur les annonces en ligne. Les rendements affichés sont donc des valeurs de marché supposées, avant les frais de revente qu’il faudra supporter le jour où l’on vend vraiment.
Le prix d’achat fait la différence : les acheteurs en promotion s’en sortent nettement mieux

C’est le résultat le plus frappant de l’étude. Brickfact a classé les collectionneurs selon la remise qu’ils obtiennent d’habitude par rapport au prix public. Le groupe le plus nombreux, un peu plus de 5 000 personnes, achète en général avec moins de 20 % de réduction. Son rendement médian plafonne à 4,4 % par an, et presque un quart de ces collections sont dans le rouge.
À l’autre bout, 715 collectionneurs décrochent couramment 40 % de remise ou plus. Leur rendement médian monte à 14,2 % par an, et quasiment aucun ne perd d’argent. La promotion n’est pas un petit plus : c’est le moteur principal de la rentabilité.
On pourrait penser que ces acheteurs ont simplement de meilleurs goûts. L’étude écarte cette piste : d’un groupe à l’autre, on retrouve à peu près les mêmes gammes, la même part de petits sets et des durées de détention proches. Mieux, Brickfact a valorisé exactement les mêmes boîtes de deux façons. Au prix réellement payé, le gain tourne autour de 28 % pour tous les groupes. Au prix public, le résultat tombe entre une légère perte et un gain de quelques pourcents.
Côté calendrier, les remises les plus fortes se relèvent en novembre et en décembre, au moment des fêtes. Mai est en moyenne le mois le plus cher pour acheter. Si vous visez une remise élevée, mieux vaut donc patienter jusqu’à la fin de l’année.
Attendre le retrait d’un set du catalogue paie, même en le payant plus cher
Lego retire régulièrement des sets de son catalogue (on parle de fin de vie, ou EOL pour « end of life »). C’est souvent à ce moment que leur cote commence à grimper sur le marché de l’occasion. L’étude a donc comparé les achats selon leur position par rapport à ce retrait.
| Moment de l’achat | Prix payé (médiane) | Gain médian | Achats en perte |
|---|---|---|---|
| Plus d’un an avant le retrait | 70 % du prix public | 11,6 % | un tiers |
| Après le retrait | 80 % du prix public | 45,5 % | 14,5 % |
Le résultat est contre-intuitif. Acheter tôt coûte moins cher, mais le pari est plus risqué : on ne sait pas encore si le set deviendra recherché. Acheter après le retrait coûte davantage, pourtant le gain médian est près de quatre fois supérieur et les pertes sont bien plus rares.
Quels thèmes Lego rapportent le plus ?
La gamme Star Wars domine les collections : elle pèse à elle seule 27,4 % de l’argent investi, loin devant Icons et Technic. Sept des dix sets les plus présents viennent de la saga, à commencer par The Mandalorian and the Child (75317), que possèdent 2 927 collectionneurs, et le casque de Dark Vador (75304).
Pourtant, être le plus acheté ne veut pas dire être le plus rentable. Sur les achats de 2022 et 2023, c’est Ninjago qui prend la tête avec un gain médian de 74,4 %, contre 24 % pour Star Wars. La gamme Icons, qui rassemble des sets destinés aux adultes comme les voitures ou les bâtiments, ferme la marche avec 13,1 %. Brickfact précise que ce classement décrit la situation actuelle et ne doit pas servir de conseil d’achat.
Frais de revente et comparaison avec la Bourse : un placement plus stable mais moins rentable

Pour situer les Lego face aux placements classiques, Brickfact a simulé les mêmes achats, aux mêmes dates et pour les mêmes montants, dans un ETF MSCI World, dans le DAX allemand et dans l’or. Sur la période, l’ETF aurait rapporté 15,5 % par an en médiane et l’or 20,1 %. Seuls 12 % des collectionneurs ont fait mieux que l’ETF avec leurs Lego.
Ce verdict doit être nuancé : la plupart des achats ont été effectués juste avant une forte hausse des marchés et de l’or. La comparaison est donc favorable à la Bourse sur cette fenêtre précise, sans valeur de loi générale.
Les Lego ont en revanche un atout : une collection d’au moins une vingtaine de sets varie beaucoup moins que les marchés financiers. Cette stabilité plaît aux passionnés qui veulent un placement plus calme, à condition d’accepter un rendement plus modeste et de compter avec les frais de revente le moment venu.
Ce qu’il faut retenir avant d’acheter
Les chiffres de l’étude dessinent une ligne claire. Un rendement médian de 7 % par an est réaliste, mais il dépend surtout de la remise obtenue à l’achat. Guetter les promotions de fin d’année, viser des remises de 40 % ou plus et envisager d’acheter après le retrait du catalogue sont les leviers qui font vraiment la différence.
Pour les collectionneurs qui aiment avant tout leurs boîtes, c’est une bonne nouvelle : bien acheter protège contre la perte, même si les Lego ne battent pas la Bourse sur la période observée.
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