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8 septembre 2025La Prime Ségur, mesure phare de reconnaissance du personnel soignant français, continue de jouer un rôle central dans la revalorisation des carrières médicales et paramédicales en 2024. Cette prime exceptionnelle, née des accords du Ségur de la santé signés en 2020, s’inscrit dans une démarche gouvernementale visant à améliorer l’attractivité des métiers de la santé et à reconnaître l’engagement des professionnels lors de la crise sanitaire du COVID-19.
L’année 2024 marque une étape importante dans l’application de cette mesure, avec des ajustements réglementaires et une extension progressive à de nouveaux bénéficiaires. Les modalités d’attribution et les critères d’éligibilité ont évolué pour répondre aux besoins du secteur et aux attentes des professionnels concernés.
La Prime Ségur constitue une revalorisation financière exceptionnelle destinée à reconnaître l’engagement et le dévouement du personnel soignant français. Cette mesure financière représente l’une des principales réalisations des accords du Ségur de la santé, négociés entre le gouvernement et les organisations syndicales représentatives du secteur de la santé.
Sommaire
Historique et contexte de création
La genèse de cette prime remonte aux négociations intenses menées durant l’été 2020, en pleine crise sanitaire. Face à la mobilisation exceptionnelle du personnel de santé pendant la pandémie de COVID-19, le gouvernement a souhaité traduire concrètement sa reconnaissance par une revalorisation salariale substantielle.
Les accords du Ségur de la santé, signés le 13 juillet 2020, ont ainsi prévu une enveloppe budgétaire de 8,2 milliards d’euros sur plusieurs années pour améliorer les conditions de travail, la rémunération des soignants et permettre une indemnisation rétroactive d’un arrêt maladie lorsque nécessaire.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de redynamiser l’attractivité des métiers de la santé, confrontés depuis plusieurs années à des difficultés de recrutement et à un taux de turnover préoccupant. La Prime Ségur représente donc bien plus qu’une simple augmentation ponctuelle : elle symbolise un engagement durable de l’État envers ses personnels soignants.
La Prime Ségur poursuit plusieurs objectifs stratégiques pour le système de santé français. En premier lieu, elle vise à compenser le différentiel salarial existant entre les rémunérations du secteur public de la santé et celles du secteur privé, contribuant ainsi à réduire la fuite des talents vers d’autres domaines d’activité.
Le deuxième objectif consiste à améliorer le pouvoir d’achat des professionnels de santé, particulièrement touché par l’inflation et les contraintes budgétaires des dernières années. Cette revalorisation doit permettre aux soignants de bénéficier d’un niveau de vie plus décent et en adéquation avec leurs responsabilités professionnelles.
Modalités d’attribution en 2024
L’année 2024 a apporté son lot de précisions réglementaires concernant les modalités d’attribution de la Prime Ségur. Les textes d’application ont clarifié les conditions d’éligibilité et les procédures de versement, permettant une application plus homogène sur l’ensemble du territoire national.
Critères d’éligibilité détaillés
Pour bénéficier de la Prime Ségur en 2024, plusieurs conditions cumulatives doivent être remplies. Le critère principal concerne la nature de l’employeur : la prime est réservée aux agents et salariés des établissements de santé publics, des établissements de santé privés à but non lucratif participant au service public hospitalier, ainsi qu’aux professionnels exerçant dans certaines structures du secteur social et médico-social.
La condition d’ancienneté constitue un autre élément déterminant. Les bénéficiaires doivent justifier d’une présence effective dans l’établissement au moment du versement de la prime. Cette exigence vise à éviter les effets d’aubaine et à réserver le dispositif aux professionnels réellement engagés dans la durée.
Le statut professionnel joue également un rôle importante dans l’attribution de la prime. Sont concernés les personnels soignants, les personnels médico-techniques, ainsi que certaines catégories de personnels administratifs et techniques directement impliqués dans la prise en charge des patients.
Montants et modalités de calcul
Le montant de la Prime Ségur varie selon plusieurs paramètres, notamment la catégorie professionnelle, le temps de travail et la durée de présence dans l’établissement. Pour l’année 2024, les montants de référence ont été ajustés pour tenir compte de l’évolution du coût de la vie et des négociations salariales dans la fonction publique.
Les personnels soignants de catégorie A bénéficient généralement du montant le plus élevé, tandis que les autres catégories professionnelles perçoivent des montants proportionnellement adaptés à leur niveau de responsabilité. Le versement peut s’effectuer de manière échelonnée tout au long de l’année ou en une seule fois, selon les modalités définies par chaque établissement.
La prise en compte du temps partiel fait l’objet d’un calcul spécifique, avec une proratisation du montant en fonction du pourcentage d’activité. Cette approche garantit une équité de traitement entre les différents modes d’exercice professionnel.
Bénéficiaires de la prime Ségur
L’identification précise des bénéficiaires de la Prime Ségur constitue un enjeu majeur pour assurer une application équitable de la mesure. La liste des professionnels concernés a été progressivement élargie depuis 2020, intégrant de nouvelles catégories de personnels reconnus comme essentiels au fonctionnement du système de santé.
Personnel soignant et médico-technique
Les infirmiers, aides-soignants et auxiliaires de puériculture constituent le cœur de cible de la Prime Ségur. Ces professionnels, en première ligne dans la prise en charge des patients, bénéficient pleinement de cette revalorisation salariale. La mesure concerne également les personnels médico-techniques, incluant les manipulateurs en électroradiologie, les techniciens de laboratoire, et les préparateurs en pharmacie hospitalière.
Les sages-femmes font également partie des bénéficiaires, reconnaissant ainsi leur rôle spécifique dans l’accompagnement médical des femmes enceintes et des nouveau-nés. Cette inclusion témoigne de la volonté gouvernementale de ne pas limiter la revalorisation aux seuls services hospitaliers traditionnels.
L’année 2024 a confirmé l’extension progressive de la Prime Ségur aux professionnels du secteur médico-social. Les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), et des établissements accueillant des personnes en situation de handicap sont désormais intégrés dans le dispositif.
Cette extension répond à une demande sociale forte de reconnaissance de l’ensemble des métiers du soin, au-delà du seul secteur hospitalier.
Les conditions de travail difficiles et les responsabilités importantes de ces professionnels justifient pleinement leur inclusion dans le périmètre de la prime, notamment pour ceux nécessitant une attestation médicale de capacité aux travaux sur corde.
Aspects fiscaux et sociaux
La question du traitement fiscal et social de la Prime Ségur revêt une importance particulière pour les bénéficiaires, influençant directement leur pouvoir d’achat net. Les règles applicables en 2024 résultent d’arbitrages complexes entre objectifs budgétaires et volonté de maximiser l’impact de la mesure pour les professionnels concernés.
Traitement fiscal de la prime
La Prime Ségur est considérée comme un revenu imposable au titre de l’impôt sur le revenu. Cette qualification fiscale implique que les bénéficiaires doivent déclarer le montant perçu dans leur déclaration annuelle de revenus. Compte tenu du caractère exceptionnel de cette prime et de son contexte de création lié à la crise sanitaire, certaines modalités particulières ont pu être appliquées.
L’administration fiscale a précisé que la prime entre dans le calcul du quotient familial et peut donc influencer le taux d’imposition marginal des foyers fiscaux concernés. Pour les professionnels aux revenus modestes, l’impact fiscal reste généralement limité grâce aux mécanismes de décote et aux tranches d’imposition progressives.
Il convient de noter que contrairement à d’autres primes sectorielles, la Prime Ségur ne bénéficie pas d’un régime d’exonération fiscale spécifique. Cette caractéristique la distingue notamment de la Prime de Partage de la Valeur (ancienne Prime Macron), qui peut être exonérée d’impôts sous certaines conditions de revenus.
Concernant les cotisations sociales, la Prime Ségur suit le régime de droit commun applicable aux rémunérations. Elle est donc soumise aux cotisations de sécurité sociale, de retraite complémentaire et d’assurance chômage selon les taux en vigueur. Cette intégration dans l’assiette des cotisations présente l’avantage d’améliorer les droits sociaux futurs des bénéficiaires, notamment en matière de retraite et d’indemnisation chômage.
L’employeur doit également s’acquitter des cotisations patronales sur le montant de la prime, ce qui représente un coût supplémentaire pour les établissements concernés. Cette charge patronale est généralement prise en compte dans les dotations budgétaires spécifiques allouées par l’État pour financer la mesure.
Évolutions et perspectives d’avenir
L’année 2024 marque une consolidation du dispositif de la Prime Ségur, avec des ajustements techniques et une meilleure intégration dans les systèmes de paie des établissements. Les retours d’expérience des premières années d’application ont permis d’identifier les points d’amélioration et d’optimiser les procédures de versement.
Nouvelles dispositions pour 2024
Plusieurs évolutions réglementaires ont été mises en œuvre en 2024 pour simplifier l’administration de la Prime Ségur. La dématérialisation des procédures de demande et de validation a permis de réduire les délais de traitement et d’améliorer la réactivité des services gestionnaires.
L’harmonisation des critères d’attribution entre les différents types d’établissements constitue un autre progrès notable. Cette standardisation facilite la mobilité professionnelle des soignants entre secteurs public et privé non lucratif, sans risque de perte de droits.
Enjeux budgétaires et pérennisation
La pérennisation de la Prime Ségur soulève des défis budgétaires importants pour les finances publiques. Le coût annuel de la mesure représente plusieurs milliards d’euros, nécessitant des arbitrages constants entre revalorisation salariale et maîtrise des dépenses publiques.
Les discussions budgétaires pour les exercices futurs devront concilier la légitime aspiration des professionnels de santé à une reconnaissance financière durable et les contraintes des finances publiques. Cette équation complexe influence directement les perspectives d’évolution du dispositif.
Impact sur l’attractivité des métiers de la santé
Les premiers bilans d’application de la Prime Ségur montrent des résultats encourageants sur l’attractivité des métiers de la santé. Les établissements rapportent une amélioration de leur capacité de recrutement et une diminution du taux de rotation du personnel dans certaines spécialités particulièrement en tension.
Néanmoins, les défis restent nombreux, notamment dans les zones géographiques les moins attractives et pour certaines spécialités médicales confrontées à une pénurie chronique de professionnels.
La Prime Ségur, bien qu’utile, ne peut à elle seule résoudre l’ensemble des problématiques de ressources humaines du secteur de la santé, et certains établissements proposent même des dispositifs complémentaires comme un guide complet pour ouvrir une assurance vie afin de sécuriser financièrement leurs personnels en cas d’accidents.
Procédures de demande et de versement
Les modalités pratiques de demande et de versement de la Prime Ségur ont été standardisées en 2024 pour garantir une application homogène sur l’ensemble du territoire. Cette harmonisation répond aux critiques formulées lors des premières phases de déploiement, qui avaient révélé des disparités importantes entre établissements.
Circuit administratif simplifié
La procédure de demande a été considérablement simplifiée grâce à la mise en place d’un système d’information dédié. Les professionnels éligibles n’ont plus besoin de constituer un dossier complexe : leur éligibilité est automatiquement vérifiée sur la base des données RH de leur établissement.
Le versement s’effectue désormais selon un calendrier prédéfini, généralement intégré au cycle de paie habituel de l’établissement. Cette organisation permet d’éviter les retards et les oublis qui avaient caractérisé les premiers mois d’application de la mesure.
Contrôles et récupération des indus
Un dispositif de contrôle renforcé a été mis en place en 2024 pour s’assurer de la bonne application des critères d’attribution. Ces vérifications visent à prévenir les erreurs de versement et à garantir que seuls les professionnels réellement éligibles bénéficient de la prime.
Mécanismes de récupération
En cas de versement indu, des procédures de récupération ont été définies, tenant compte de la situation particulière de chaque bénéficiaire. Ces mécanismes prévoient généralement un étalement de la récupération pour éviter de pénaliser excessivement les professionnels concernés par une erreur administrative.
La transparence des critères d’attribution et la communication renforcée auprès des établissements permettent de réduire significativement le nombre d’erreurs et de simplifier le suivi des dossiers, garantissant ainsi une meilleure gestion des versements et une protection équitable des bénéficiaires.
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