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L’allocation journalière du proche aidant : l’indemnité la plus directe
Son nom officiel : l’allocation journalière du proche aidant, ou AJPA. Elle est versée par la CAF (ou par la MSA selon votre régime) à la personne qui réduit ou suspend son activité pour s’occuper d’un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap. C’est vous qui la touchez, pas votre parent.
Le principe est simple : vous prenez un congé de proche aidant auprès de votre employeur, et l’AJPA compense en partie la perte de salaire. Le montant tourne autour de 66 € par jour, avec une demi-journée rémunérée à la moitié. Il est revalorisé régulièrement, donc vérifiez le chiffre en vigueur au moment de votre demande.
Le nombre de jours est plafonné : 22 jours indemnisés par mois, et 66 jours au total sur l’ensemble de votre carrière. Ces jours peuvent être pris d’un seul bloc ou fractionnés, en journées entières ou en demi-journées. Un aidant qui a besoin de s’absenter un jour par semaine peut donc étaler ses droits sur plusieurs mois.
Conditions d’éligibilité : lien familial, degré de dépendance, congé
Côté aidant, le dispositif est large. Vous pouvez être salarié, travailleur indépendant, agent public, ou demandeur d’emploi indemnisé. Le lien avec la personne aidée peut être familial (parent, conjoint, enfant, frère, sœur, oncle, tante, neveu, nièce) ou simplement étroit et stable, comme celui d’un voisin ou d’un ami qui intervient régulièrement.
Côté parent aidé, la condition porte sur la gravité de la situation. Il doit présenter une perte d’autonomie d’une particulière gravité ou un handicap reconnu, avec en général un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou un classement en GIR 1 à 3 dans la grille d’évaluation de l’autonomie. Il doit aussi résider en France, à son domicile, chez vous ou dans un établissement, ce qui couvre le maintien à domicile mais pas uniquement.
Dernier point, et c’est le plus souvent oublié : l’AJPA n’est pas cumulable avec certaines autres indemnités, notamment les indemnités journalières de maladie ou l’allocation chômage sur les mêmes jours. Si vous êtes dans l’un de ces cas, renseignez-vous avant de poser vos dates.
Comment faire la demande : démarches, justificatifs et interlocuteurs

L’ordre des étapes compte. Commencez par prévenir votre employeur, car le congé conditionne le versement de l’allocation. Ensuite seulement, vous déposez votre dossier auprès de la CAF ou de la MSA.
- Informez votre employeur par écrit, en respectant en principe un délai de prévenance d’un mois (réduit à 15 jours en cas de dégradation soudaine de l’état de santé).
- Rassemblez les justificatifs : pièce d’identité, relevé d’identité bancaire, déclaration sur l’honneur de l’aide apportée, et la preuve de la situation de votre parent.
- Pour cette preuve, fournissez la décision d’attribution de l’APA ou de la PCH, ou un certificat médical ou une décision de reconnaissance du handicap.
- Déposez la demande en ligne sur le site de la CAF ou de la MSA.
- Déclarez chaque mois les jours de congé effectivement pris pour être payé.
Un conseil pratique : si le dossier de votre parent n’est pas encore à jour, commencez par là, et pensez aussi au mandat de protection future. Sans reconnaissance officielle de la perte d’autonomie ou du handicap, la caisse ne pourra pas instruire votre dossier. Le conseil départemental ou la MDPH sont les bons interlocuteurs pour lancer cette évaluation.
Les aides liées au parent malade : APA, PCH et répit
La confusion vient de là. L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) et la PCH (prestation de compensation du handicap) financent l’aide dont votre parent a besoin, comme une aide à domicile, du matériel ou des aménagements. Elles sont versées à la personne aidée. Dans certains cas, elles peuvent toutefois servir à dédommager ou rémunérer un aidant familial, avec des règles précises selon le lien de parenté.
| Aide | Qui la perçoit | À quoi elle sert |
|---|---|---|
| AJPA | L’aidant | Compenser la perte de revenus pendant le congé |
| APA | Le parent (60 ans et plus) | Financer aide à domicile et équipements |
| PCH | La personne en situation de handicap | Couvrir aides humaines, techniques, aménagements |
| Aide au répit | Versée via le plan d’aide de l’APA | Financer accueil de jour, hébergement temporaire ou relais à domicile |
Idée reçue : « l’APA de maman, c’est aussi pour moi »
Non. L’APA finance les besoins de la personne aidée. L’aidant, lui, ne touche une indemnité propre que via l’AJPA, ou une compensation prévue dans le plan d’aide. Cette distinction explique pourquoi tant d’aidants passent à côté de leur droit.
L’aide au répit mérite une attention particulière. Elle est destinée à vous soulager quand vous êtes à bout : quelques jours d’hébergement temporaire pour votre parent, un accueil de jour ou un relais à domicile le temps de souffler. Elle s’intègre au plan d’aide de l’APA, et elle peut être demandée dès que l’équipe médico-sociale constate l’épuisement du répit de l’aidant.

Sur le plan fiscal, les dépenses d’aide à domicile ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 % dans la limite d’un plafond annuel, que vous soyez imposable ou non. Si votre parent est accueilli en établissement, une réduction d’impôt peut aussi s’appliquer sur les frais de dépendance et d’hébergement. Gardez vos factures et attestations fiscales.
L’assurance vieillesse des aidants (AVA) protège votre retraite. Elle valide gratuitement des trimestres pour les aidants qui n’exercent pas d’activité professionnelle, ou à temps très réduit, auprès d’une personne handicapée remplissant certains critères. Une période d’aidance ne laisse alors pas de trou dans votre carrière.
Enfin, si la situation de votre parent relève de la fin de vie, un autre dispositif existe : le congé de solidarité familiale. Il ouvre droit à une allocation journalière d’accompagnement, sur une durée plus courte. Quant à votre propre santé, parlez-en à votre médecin traitant, qui peut vous orienter vers des groupes de parole, des plateformes de répit ou des consultations dédiées aux aidants.
Retenez l’essentiel : pour être indemnisé comme aidant, le parcours passe par le congé, puis par la CAF ou la MSA. Le reste des aides protège votre parent, votre budget et votre retraite. Beaucoup d’aidants ne demandent rien par méconnaissance, alors que le premier pas tient souvent à une seule question posée à son employeur.
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