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25 octobre 2026Les épargnants du Livret A vont bientôt voir leur taux de rémunération remonter. La nouvelle est plutôt bonne, mais elle ne dit pas tout. Car un taux qui grimpe ne garantit pas que votre épargne protège réellement votre pouvoir d’achat.
Hausse attendue au 1er février 2027 : combien rapporteront le Livret A et le LDDS ?
D’après l’économiste Philippe Crevel, la rémunération du Livret A et celle de son jumeau, le LDDS (livret de développement durable et solidaire), pourrait passer de 1,7 % à 2,4 ou 2,5 % au 1er février 2027. Il s’agit d’une projection, pas d’un chiffre officiel. Le taux définitif sera fixé le moment venu par arrêté ministériel, en application de la formule de calcul.
Cette formule repose sur deux ingrédients : l’inflation et les taux de marché. Quand les prix montent, le Livret A mécaniquement aussi. C’est donc un paradoxe : les épargnants profitent d’une hausse qui s’explique en partie par ce qui ronge leur pouvoir d’achat.
Ce que cela change sur une somme concrète
Prenons 10 000 € placés sur douze mois, en laissant de côté les subtilités de calcul des quinzaines. Le tableau ci-dessous compare les intérêts bruts et le gain réel, sur une hypothèse d’inflation de 2 %, donnée à titre d’illustration uniquement.
| Taux du Livret A | Intérêts sur 10 000 € | Gain réel (inflation hypothétique de 2 %) |
|---|---|---|
| 1,7 % (taux actuel) | 170 € | environ -30 € |
| 2,4 % (bas de la fourchette) | 240 € | environ +40 € |
| 2,5 % (haut de la fourchette) | 250 € | environ +50 € |
Le passage à 2,4 ou 2,5 % représente donc 70 à 80 € d’intérêts supplémentaires par an pour 10 000 €. C’est appréciable, sans être spectaculaire.
Faut-il laisser dormir son épargne ? Le rendement réel face à l’inflation
La vraie question n’est pas le taux affiché, mais le rendement réel : le taux de rémunération moins l’inflation. Si les prix augmentent plus vite que votre livret, votre capital grossit sur le papier mais perd en valeur d’usage. Si le livret fait mieux que l’inflation, vous gagnez en pouvoir d’achat.
Le Livret A dispose d’un atout de poids : ses intérêts bénéficient d’une exonération fiscale, mais attention aux intérêts au-delà du plafond lorsque le livret est rempli. Le rendement net est donc identique au rendement brut, ce qui n’est pas le cas de bien des placements concurrents. Sur un produit imposé, il faut retrancher la fiscalité avant de comparer.
Idée reçue : « le taux monte, donc je gagne »
Pas forcément. Le taux monte en partie parce que l’inflation monte. Ce qui compte, c’est l’écart entre les deux : c’est lui qui dit si votre argent s’enrichit ou s’érode.
LEP et LDDS : des enveloppes aux règles propres

Le LDDS suit le même taux que le Livret A, ce qui en fait un complément naturel quand on veut multiplier les poches d’épargne réglementée. Le LEP (livret d’épargne populaire) obéit à des règles distinctes, notamment des conditions de ressources pour l’ouvrir. Son taux évolue lui aussi selon un mécanisme propre, qu’il vaut mieux vérifier avant de décider.
Si vous êtes éligible au LEP, il mérite d’être comparé de près au Livret A avant d’y placer vos économies. Ces trois produits partagent la même logique de épargne réglementée : disponibilité de l’argent, absence de risque de perte en capital et fiscalité allégée.
Compte à terme ou livret bancaire : les alternatives à comparer
Le compte à terme bloque votre argent pendant une durée fixée à l’avance, en échange d’un taux connu dès le départ. Le livret bancaire, lui, reste disponible, mais son taux dépend de la politique de l’établissement et peut inclure une période promotionnelle. Dans les deux cas, vérifiez le taux réel après la période de bienvenue et la fiscalité appliquée aux intérêts.
La comparaison doit se faire sur le rendement net et non sur le taux affiché. Un produit qui promet davantage que le Livret A peut finir par rapporter moins une fois les prélèvements déduits. Et un placement bloqué est inutilisable en cas de coup dur.
Quel choix selon votre profil : épargne de précaution ou placement de long terme

Votre épargne de précaution, celle qui doit couvrir un imprévu (panne de voiture, chaudière, perte d’emploi), a sa place sur le Livret A. Ce qui compte ici n’est pas le rendement mais la disponibilité immédiate et la sécurité du capital. La hausse annoncée est alors un bonus, pas un critère de décision.
Pour l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant plusieurs années, la logique change. Laisser des sommes importantes en épargne disponible signifie accepter un rendement limité, qui peut tout juste suivre l’inflation. Un placement de long terme, adapté à vos objectifs et à votre tolérance au risque, mérite alors d’être étudié, quitte à demander conseil.
Le bon réflexe en pratique
- Gardez sur le Livret A l’équivalent de quelques mois de dépenses, comme matelas de sécurité, et vérifiez avant tout retrait d’un excédent du Livret A.
- Comparez le taux de vos autres placements au rendement réel du livret, pas à son taux brut.
- Surveillez l’annonce officielle du taux avant de bouger quoi que ce soit : la fourchette de 2,4 à 2,5 reste une estimation.
En résumé, la hausse attendue au 1er février 2027 est une bonne nouvelle pour les détenteurs de Livret A, de LDDS et de LEP. Mais elle ne transforme pas ces livrets en machines à faire fructifier un capital. Gardez-les pour la sécurité et la disponibilité, et réservez le reste de votre épargne à des supports plus adaptés à vos projets.
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