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25 octobre 2026Votre pension va-t-elle suivre les prix l’an prochain ? Pour une partie des retraités, la réponse pourrait être non. Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, marqué par un déficit de 12,7 milliards d’euros, prévoit de freiner la revalorisation des pensions, avec un effet très différent selon votre niveau de revenus.
Le principe tient en une phrase : la retraite de base serait sous-indexée par rapport à l’inflation, voire gelée, pour les pensions intermédiaires et élevées. L’objectif affiché est de réaliser des économies budgétaires, dans un contexte de déficit de la Sécu sans fin, tout en protégeant les petites retraites. Reste un point décisif : cette mesure n’est pas adoptée.
Combien va perdre chaque retraité en 2027 selon ses revenus ?
Le projet repose sur trois seuils de revenus. Ils se calculent sur le total des pensions perçues, retraite de base et complémentaire réunies, mais ils ne déterminent la revalorisation que de la retraite de base. Dans le scénario de travail du gouvernement, l’inflation est estimée à 1,7 %.
| Total des pensions mensuelles | Revalorisation de la retraite de base | Conséquence |
|---|---|---|
| Moins de 1 260 € | Intégrale, calquée sur l’inflation (1,7 %) | Aucune perte |
| Entre 1 260 € et 2 000 € | Limitée à la moitié de l’inflation (0,85 %) | Hausse réduite de moitié |
| Plus de 2 000 € | Gel de la retraite de base | Jusqu’à 306 € de manque à gagner par an |
Les retraités les plus modestes seraient donc épargnés. La tranche intermédiaire subirait un premier coup de rabot, avec une hausse deux fois plus faible que les prix. Au-delà du seuil de 2 000 euros, la retraite de base ne bougerait pas du tout, alors que le coût de la vie continuerait de grimper.
Comment se calcule le manque à gagner de 306 € ?
L’étude d’impact du gouvernement prend l’exemple d’un retraité qui perçoit 2 500 euros par mois, dont 1 500 euros de retraite de base. Avec une revalorisation normale de 1,7 %, sa pension de base aurait progressé de 25,50 euros par mois. Sur douze mois, le gel représente donc 306 euros de manque à gagner.
Ce chiffre est un maximum illustratif, pas une moyenne. Il dépend du poids de la retraite de base dans vos revenus. Plus elle est élevée, plus la hausse perdue est importante. Pour la tranche intermédiaire, la perte serait moindre, puisque la pension progresserait tout de même de 0,85 %.
Pension amputée ou hausse non perçue ?
Le montant que vous touchez aujourd’hui ne diminuerait pas. Ce que vous perdriez, c’est l’augmentation qui aurait dû compenser la hausse des prix. L’effet se ressent pourtant bien dans le budget, car le pouvoir d’achat recule mécaniquement.
Pourquoi seule la retraite de base est visée ?

Le dispositif ne touche que la retraite de base. La retraite complémentaire Agirc-Arrco suit ses propres règles de revalorisation et reste en dehors du projet. Cela crée un effet de répartition qui mérite qu’on s’y arrête.
À revenu total égal, un ancien salarié dont la pension repose surtout sur la retraite de base serait proportionnellement plus pénalisé qu’un ancien cadre dont une grande partie des revenus vient de sa complémentaire. Le seuil se juge sur l’ensemble de vos pensions, mais la perte se calcule uniquement sur la part de base. Deux retraités au même niveau de revenus peuvent donc perdre des sommes différentes.
Une mesure encore loin d’être adoptée
Le texte n’a pas encore franchi les obstacles parlementaires. Le 16 octobre 2026, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a voté la suppression de l’article qui instaurait cette sous-indexation. C’est un revers politique pour le gouvernement.
Ce vote ne tue pourtant pas le projet. L’exécutif peut tenter de réintroduire la mesure lors des débats dans l’hémicycle. Les seuils, les taux et même le principe d’un gel partiel peuvent encore être modifiés ou abandonnés. Tant que le budget 2027 n’a pas été définitivement voté par le Parlement, aucune perte n’est acquise.
Gel total ou nouvelle méthode : les autres scénarios sur la table
Certains titres alarmistes évoquent une pension qui baisserait « deux fois », en début puis en cours d’année 2027. Rien dans les éléments connus du projet ne confirme une seconde baisse en septembre. Il vaut mieux traiter cette affirmation avec prudence, tant que le texte final n’est pas connu.
Ce qui est établi, c’est le scénario de travail : protection des petites pensions, hausse réduite pour la tranche intermédiaire, gel au-delà de 2 000 euros. Le débat à venir peut changer chacun de ces paramètres. Un retraité qui se situe près d’un seuil a donc intérêt à suivre l’évolution du texte, car quelques dizaines d’euros de revenus peuvent le faire basculer dans une autre catégorie.
Que faire en attendant le vote ?

Commencez par additionner vos pensions mensuelles, base et complémentaire, pour savoir dans quelle tranche vous vous situez. Repérez ensuite le montant de votre retraite de base seule, puisque c’est elle qui subirait le gel ou la hausse réduite. Avec ces deux chiffres, vous pouvez estimer votre exposition sans vous fier aux gros titres.
Inutile en revanche de modifier votre budget sur la base d’une perte qui n’existe pas encore. Les semaines qui viennent seront décisives pour des millions de retraités, et l’issue se jouera dans l’hémicycle.
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