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11 juillet 2026L’expression « accord implicite » dans le cadre d’une rupture conventionnelle prête souvent à confusion. Elle ne désigne pas le silence de l’une des parties (salarié ou employeur) qui aurait valeur d’acceptation, mais bien le silence de l’administration à l’issue du délai d’instruction. Lorsque la DREETS ne répond pas dans les 15 jours ouvrables suivant la réception de la demande, la convention est réputée homologuée de manière tacite. Ce mécanisme d’homologation tacite découle du principe selon lequel, en droit administratif, le silence vaut acceptation dans ce cas précis.
Pour bien comprendre ce processus, il faut rappeler que la rupture conventionnelle permet à un salarié en CDI et à son employeur de mettre fin au contrat de travail d’un commun accord, sans passer par un licenciement ou une démission. Cette procédure, encadrée par la loi du 25 juin 2008, ouvre droit à une indemnité de rupture et, sous conditions, à des allocations chômage (voir le montant des allocations chômage pour 1500€ net).
Qu’est-ce que l’accord implicite dans une rupture conventionnelle ?
L’accord implicite renvoie exclusivement à la position de l’administration lors de la phase d’homologation. Une fois la convention de rupture signée par les deux parties et le délai de rétractation expiré, l’employeur doit transmettre un formulaire cerfa de demande d’homologation à la DREETS. Cette autorité administrative dispose alors d’un délai légal pour instruire le dossier et vérifier que la rupture respecte les conditions légales, notamment l’absence de vice du consentement et le respect des droits du salarié.
Si la DREETS ne notifie aucune décision (ni validation expresse, ni refus) avant l’expiration du délai d’instruction, la convention est considérée comme homologuée de façon automatique. Ce silence administratif constitue donc un accord tacite, permettant à la rupture de produire tous ses effets juridiques sans intervention expresse de l’administration.
Bon à savoir
L’accord implicite ne dispense pas les parties de respecter scrupuleusement la procédure légale. Un vice dans la signature de la convention ou une pression exercée sur le salarié peut rendre la rupture contestable, même après homologation tacite.
Le délai de rétractation : première étape avant l’homologation
Avant même d’aborder l’homologation tacite, la procédure impose un délai de rétractation de 15 jours calendaires à compter de la signature de la convention. Pendant cette période, chacune des parties peut revenir sur sa décision, sans avoir à justifier sa décision ni à verser d’indemnité. La rétractation doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge.
Ce délai protège les intérêts du salarié et de l’employeur en leur laissant un temps de réflexion après l’entretien préalable et la signature. Si l’une des parties se rétracte, la convention devient caduque et le contrat de travail se poursuit normalement. Si aucune rétractation n’intervient, l’employeur peut alors solliciter l’homologation auprès de la DREETS.
Comment fonctionne l’homologation tacite par la DREETS ?

Le délai d’instruction de 15 jours ouvrables
Une fois le délai de rétractation écoulé sans rétractation, l’employeur transmet la demande d’homologation à la DREETS via le formulaire cerfa dédié. L’administration dispose alors de 15 jours ouvrables, à compter de la réception du dossier complet, pour instruire la demande. Ces 15 jours ouvrables correspondent aux jours travaillés, excluant donc les samedis, dimanches et jours fériés.
Durant ce délai, la DREETS peut vérifier plusieurs éléments : la conformité du formulaire, le respect du délai de rétractation, le montant de l’indemnité de rupture conventionnelle (qui doit être au moins égal à l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement), et l’absence de vice du consentement. Si l’administration détecte une irrégularité, elle peut refuser l’homologation ou demander des compléments d’information.
Que se passe-t-il en cas de silence de l’administration ?
Si, au terme des 15 jours ouvrables, aucune réponse n’a été notifiée aux parties, la convention de rupture est automatiquement considérée comme homologuée. Ce silence vaut acceptation et constitue l’accord implicite de l’administration. Les parties n’ont pas besoin de recevoir un document officiel pour que la rupture soit effective : l’absence de réponse suffit.
Ce mécanisme d’homologation tacite simplifie la procédure administrative et garantit que les dossiers conformes ne soient pas bloqués indéfiniment. Toutefois, il n’empêche pas les parties de demander ultérieurement une attestation d’homologation tacite à la DREETS, notamment pour justifier de la rupture auprès de France Travail (anciennement Pôle emploi) ou d’autres organismes.
Exemple concret
Une convention est signée le 3 avril. Le délai de rétractation expire le 18 avril à minuit. L’employeur envoie la demande d’homologation le 19 avril, reçue par la DREETS le 22 avril. Le délai d’instruction de 15 jours ouvrables expire le 13 mai. Si aucune réponse n’est notifiée avant cette date, la convention est homologuée de façon tacite dès le 13 mai.
Quand la rupture devient-elle effective ?
La date de rupture effective du contrat est fixée dans la convention de rupture signée par les parties. Elle ne peut intervenir qu’après l’homologation, qu’elle soit expresse ou tacite. Autrement dit, même si les parties ont convenu d’une date de départ, celle-ci ne produit d’effet que si la DREETS a homologué la convention (ou si le silence administratif vaut homologation).
Concrètement, la date de rupture du contrat doit être postérieure au lendemain de l’expiration du délai d’homologation. Le salarié perçoit alors son indemnité de rupture conventionnelle, son solde de tout compte, et peut s’inscrire auprès de France Travail pour bénéficier, sous conditions, des allocations chômage. L’employeur, de son côté, établit les documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation France Travail, reçu pour solde de tout compte).
Peut-on contester une homologation implicite ?
L’homologation tacite confère à la rupture conventionnelle une force juridique équivalente à une homologation expresse. Elle peut toutefois être contestée devant le conseil de prud’hommes si l’une des parties estime que la procédure n’a pas été respectée ou que le consentement a été vicié (pression, harcèlement, absence de liberté de négociation), le modèle de lettre pour contester une rupture conventionnelle peut aider à agir.
Le salarié dispose d’un délai de 12 mois à compter de la date d’homologation (tacite ou expresse) pour saisir le juge prud’homal. Il devra apporter la preuve du vice du consentement ou de l’irrégularité de la procédure. En cas de reconnaissance du vice, le juge peut annuler la rupture et requalifier celle-ci en licenciement sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit à des dommages et intérêts.
L’employeur, de son côté, peut également contester la rupture s’il estime avoir été contraint ou trompé lors de la signature. Toutefois, la contestation de la rupture conventionnelle par l’employeur reste rare en pratique, la plupart des litiges étant initiés par le salarié.
Le mécanisme d’accord implicite (ou homologation tacite) assure une fluidité administrative tout en préservant les droits des parties. Il repose sur un équilibre entre la rapidité de traitement des dossiers et la protection des salariés, garantie par le respect strict des délais de rétractation, des montants d’indemnité et de la possibilité de contestation ultérieure. Pour sécuriser la procédure, il est recommandé de conserver tous les documents (convention signée, accusés de réception, formulaire cerfa, courriers de la DREETS) et, en cas de doute, de consulter un avocat spécialisé en droit du travail.




