15 – 21 nov. 2010

Les Journées de l'Entrepreneur
Des évènements partout en France

Archive pour la catégorie ‘Belles histoires d'entrepreneurs’

Chaque jour, l’intégralité du courrier de France Télécom, soit 10 000 lettres, est intégralement numérisé et renvoyé à qui de droit par 80 personnes en situations de handicap. Une véritable insertion sociale que ces gens ne doivent qu’à un seul homme : Hervé Knecht, le fondateur et président du directoire de Flandre Ateliers. Avec ses 285 collaborateurs, l’entreprise adaptée emploie des personnes fragilisées par une situation de handicap depuis 1991. « Tout processus de production est décortiqué pour être accessible aux personnes en situation de handicap », précise Hervé Knecht.
Fils d’un entrepreneur et d’une mère médecin du travail, sa vocation semblait être toute trouvée. Il réalise que personne ne prend en charge les personnes qui ne sont pas assez handicapées pour être prises en charge par les services médicaux-sociaux et trop pour s’insérer normalement dans le monde du travail. « Je bataille pour faire reconnaître la notion d’entrepreneur social, explique Hervé Knecht. J’exerce un vrai métier d’entrepreneur, tout en ayant choisi d’en avoir un deuxième.  »
Ce deuxième métier repose sur la connaissance de la matière humaine qu’il emploie. Ce qui, selon lui, lui a permis de restructurer sa boîte en un an, la faisant passer de 70 % d’activité industrielle à 70 % d’activité tertiaire. Tout cela, en partant du principe que la fragilité doit être intégrée pour développer la société : « La fragilité n’est pas une tare, c’est une caractéristique de la nature humaine. » La démarche de son entreprise est donc de considérer que l’on peut produire avec ses propres capacités. « Je ne regarde pas le handicap, mais les compétences », confesse Hervé Knecht.
Les Journées de l’entrepreneur tiennent donc fortement au cœur de ce chef d’entreprise de 58 ans : « Il faut réconcilier l’entrepreneur avec la société. Et quand je dis entrepreneur, j’entends par là toute personne qui s’engage dans la société, et pas seulement les chefs d’entreprise. Au lieu d’attendre que les gens se cassent la gueule, il faut encourager toute démarche pro-active. »

Flandre ateliers, parc d’activité des Peupliers, 252 rue du Flocon, 59200 Tourcoing, 03 20 24 04 24

« Economie solidaire, économie de l’Internet », tel était le sujet de la table ronde organisée ce matin dans le cadre des JDE, au Media Center, à Paris. François-Xavier Tanguy, co-fondateur du site communautaire Dreamshake, a partagé son expérience avec les autres intervenants.

  » De l’envie à la réalité ». Une devise simple qui résume parfaitement le concept de Dreamteam, « le premier site communautaire pour partager et réaliser ses rêves ». L’idée : mettre en relation des porteurs d’envies, de projets, de rêves donc, avec des personnes qui ont les compétences pour concrétiser ce rêve. Un véritable réseau d’initiatives et d’échanges collaboratifs pensé par deux amis, François-Xavier et Arnaud, utopiques réalistes.

 « Je travaillais dans la finance, à Londres, explique François-Xavier, et je m’ennuyais franchement. En 2006, on a décidé avec Arnaud de réaliser un vieux rêve, rejoindre le Cambodge à la France, en moto. Pendant ce périple, on a interviewé des centaines de personnes, enfants et adultes, pour leur demander quels étaient leurs rêves. Une récolte formidable dont on a fait un livre, Des rêves plein le monde ».

 Une « fabrique de rêve »

 Au retour, ils décident de passer du statut de « collectionneurs de rêves » à celui de « passeurs de rêves ». Finie la finance, ils pensent désormais à un tout autre projet. Après un an de réflexion et d’analyse, ils lancent, en février 2008, Dreamshake, « la fabrique de rêve ». Les rêveurs du monde entier n’ont plus qu’à s’inscrire sur le site et décrire leur projet. Ils sont alors mis en relation avec des personnes qui partagent la même envie, pour constituer une dream team. Chacun apporte sa compétence au projet, financière ou technique, pour participer à sa réalisation commune. « Seul, on ne peut pas faire grand-chose, reprend François-Xavier. Ensemble, par contre, on peut réellement soulever des montagnes ».

Sur le site, les idées vont du projet de reconversion professionnelle à l’envie de voyage au bout du monde. Quelques exemples : la réalisation d’un documentaire sur l’ex-RDA, en passant par la traversée de l’Europe en ballon ou le projet d’un éco village à Madagascar. « Nous n’en sommes qu’au prototype du site et on espère bien se développer à l’international très bientôt, avec une interface en espagnol, en anglais… ». Pour que partout dans le monde, le rêve de chacun puisse devenir réalité.  

www.dreamshake.com

 

 

 

A 20 ans seulement, Imad El Yaagoubi occupe le poste de responsable développement projet au CNJE (Confédération Nationale des Junior-Entreprises). Parallèlement, ce jeune homme d’origine marocaine est en troisième année à l’EDC. Interview.
1) Parlez-nous du CNJE, de quoi s’agit-il exactement ?

Le CNJE existe depuis une quarantaine d’années. Il s’agit d’une association dans le statut mais elle a en plus quelque chose de professionnalisant. Elle permet, d’une part, aux entrepreneurs de faire appel à des étudiants en école de commerce ou d’ingénieur, ce qui leur apporte dynamisme, créativité et innovation, et d’autre part, aux étudiants d’aborder une dimension pratique à leur enseignement tout en promouvant l’entrepreneuriat.

2) Quelles sont vos principales missions au sein du CNJE ?

Je m’occupe principalement des politiques partenariales au niveau de l’entrepreneuriat. Mon rôle consiste à prendre contact avec les partenaires et à organiser leur insertion au sein de l’association.
Je travaille au CNJE depuis Juillet 2008 et, chaque année, une nouvelle équipe est mise en place avec de nouvelles valeurs. Cette année, l’accent a été mis sur l’entrepreneuriat et la proximité. Cela passe par des contacts informels (courriels, fax) mais aussi et surtout par un contact physique puisque chaque année, nous organisons deux congrès nationaux, ainsi que seize congrès régionaux auxquels participent de nombreux administrateurs.

Le prix de l’entrepreneur du jour a été décerné à Jérôme Martin 38 ans, fondateur et gérant de Photéus (Val de Marne).

L’exemple de Photéus illustre que l’on peut faire rimer profit et utilité sociale. Ce cabinet de gestion en patrimoine propose aux personnes soumises à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) d’investir dans les énergies renouvelables. Exemple avec l’un de ses produits, Photeus Solaire 1 : grâce aux fonds levés auprès des particuliers investisseurs, la société propose à des agriculteurs de financer la construction de nouveaux hangars en y installant des panneaux solaires. Photeus paye un loyer à l’agriculteur et exploite la centrale solaire pendant 20 ans, en revendant l’électricité à EDF. Après quoi l’agriculteur devient propriétaire de la centrale. Le rendement est de 5 à 7 % pour les investisseurs, qui peuvent déduire du montant de l’assiette soumise à l’ISF, 75 % de leur investissement.

Jérôme Martin, le serial entrepreneur

Depuis son départ de Telecom Paris, Jérôme Martin, créateur de Photéus, enchaine les postes à responsabilité dans la finance, et en est déjà à sa troisième entreprise créée… Successivement trader pour Oddo à Milan, puis gérant fondateur d’une société de systèmes d’informations financiers de 5 personnes, il accepte en 2001 la responsabilité de la croissance externe du Crédit Lyonnais Asset management. Il y profite d’un plan de licenciement économique en 2006 pour monter tout d’abord une entreprise de conseil en organisation et réglementation bancaire, avant de se lancer dans l’aventure Photéus.

Pour ce serial entrepreneur de 38 ans, ce qui est nécessaire pour entreprendre, c’est la créativité, et surtout l’adaptabilité. Deux qualités qui permettent de saisir les opportunités…

Une récompense qui célèbre la créativité et l’adaptabilité

Amaury Guillem, journaliste à Reporters d’Espoirs, explique que c’est l’innovation de ce cabinet qui a convaincu Reporters d’Espoirs de célébrer son initiative. « L’innovation du projet doit s’accompagner d’une mise en place concrète sur le terrain et bénéficier de résultats palpables aux niveaux humain et environnemental. Mais le plus important c’est que le projet doit donner envie aux différents acteurs de la société de s’impliquer. »

Des critères en accord avec cette phrase du prix Nobel de la paix Mohammed Yunus : « Maintenant que vous avez appris à faire bien du business, apprenez à faire le business du bien ». Une devise très chère aux entrepreneurs présents ce mardi 18 novembre à Paris.

Le développement durable au coeur de l’activité de Photéus. INTERVIEW de Jérôme Martin.

- D’où vous est venue cette idée de créer Photeus ?

« En 2006-2007, il y a eu un virage dans les mentalités au sujet du développement durable. Auparavant, on disait que les préoccupations écologiques, c’était un peu fleur bleue. Désormais, c’est dans l’air du temps. On peut favoriser les actions environnementales tout en gagnant de l’argent. C’est ce dernier point qui provoque l’enthousiasme des particuliers qui veulent investir. A côté de ça, la technologie a évolué et les gens ont pris conscience que la planète ne pouvait pas continuer avec le « tout-pétrole ».

-Après un an d’activité, quel bilan dressez vous de votre cabinet ?

« C’est très positif. A l’heure actuelle, 42 particuliers se sont associés à cette aventure. Se sentant tous concernés par la cause environnementale, ils vont du grand banquier au retraité. Un élément nous freine cependant. Légalement, un cabinet de gestion de patrimoine n’a pas le droit de faire de publicité. En conséquence, seul le bouche à oreille, l’utilisation des réseaux et le site internet me permettent de me faire connaître pour l’instant. Cependant l’Autorité des marchés financiers (AMF) accorde des agréments qui coûtent plus de 100 000 euros : une somme inaccessible pour une jeune entreprise. Je suis confiant pour 2009. Mais pour convaincre davantage d’investisseurs, l’idéal serait que la loi sur l’ISF s’assouplisse encore.»

« Il faut être fou pour monter une boîte en France ». Pascal Aldebert est peut-être fou, mais il est surtout ambitieux. En tout cas, assez pour créer, à tout juste 23 ans, « i-ts4u », une entreprise d’importation de matériel péri-informatique, électronique et accessoires multimédia. « Je travaille depuis que j’ai 18 ans. J’avais envie de créer quelque chose, de ne pas travailler pour quelqu’un. » Ce passionné de haute technologie compte profiter des avantages d’internet pour « court-circuiter les intermédiaires » et proposer des produits directement venus d’Asie à des prix compétitifs.

Entre deux rendez-vous, il s’est arrêté aux Journées de l’Entrepreneur pour agrandir son réseau et en ressort ravi. « Rencontrer des gens qui sont dans la même situation que moi m’aide à me sentir moins seul. A mon âge, c’est tout de même rare de monter sa propre boîte. On partage et on progresse ensemble. L’union fait la force ! »

Pascal Aldebert a mûrement préparé son projet. Son école, la Weller International Business School, propose des voyages en Asie. Parfait. Pascal prépare un business plan qu’il dépose à la banque 15 jours avant de partir et prend rendez-vous avec des fournisseurs. Il passe ensuite deux mois à courir de rendez-vous en rendez-vous entre Hong-Kong, Shenzhen et Shanghai. Au retour, sa SARL est créée et le site sera mis en ligne d’ici à la fin du mois de novembre.

Le jeune entrepreneur est toujours étudiant ? Qu’à cela ne tienne, il passe sa dernière année en alternance dans sa propre entreprise. « Chez moi, c’est 35 heures de sommeil par semaine », s’amuse-t-il. Et le jeune entrepreneur de rêver au jour où son entreprise gagnera de l’argent, d’autant qu’il finance tout avec ses propres deniers. « J’ai une tonne de notes de frais que je me rembourserai quand je serai rentable ».

Il regrette d’ailleurs de ne pas pouvoir bénéficier du statut d’auto-entrepreneur que le secrétaire d’Etat au commerce vient d’annoncer : « Le statut de SARL signifie plus de charges et plus d’impôts. »

L’Institut du mentorat entrepreneurial est un dispositif d’accompagnement pour des entreprises ayant de 2 à 7 ans d’existence. Mardi soir, une deuxième promotion, avec une dizaine de binômes « mentor-mentoré », se lancera dans le grand bain, six mois après la première. En avril dernier, la ministre de l’économie, Christine Lagarde, inaugurait l’Institut. « C’est un accélérateur de croissance dédié aux jeunes entreprises à fort potentiel de développement », explique Dominique Restino, membre de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP). A l’origine de ce projet, une idée venue du Québec qui a été adapté pour l’hexagone. Le but est de développer, en France, de grandes PME dont la dimension, devrait à terme leur permettre d’innover et de se lancer durablement à l’export.

« C’est un dispositif d’accompagnement par des chefs d’entreprises ayant fortement réussi et qui devienne mentor bénévolement », poursuit M Restino. Cette année, l’ancien judoka reconverti dans les affaires, David Douillet parraine l’évènement. Pendant 12 à 18 mois, le jeune entrepreneur et son mentor se rencontre au moins une fois par mois. Pour Dominique Restino, l’objectif est d’échanger : « c’est une expérience de la croissance au service de la croissance, qui doit amener les jeunes créateurs d’entreprise à voir plus grand et plus loin ».

Laetitia Huc, 22 ans, Christophe Le paysan , 23 ans, Mathieu Milan, 23 ans sont lauréats du prix du meilleur projet Etudiant 2008 pour leur Business plan Som’ Systems. Ils sont étudiants en troisième et dernière année d’une école d’ingénieur, l’Institut d’Optique Graduate School, ex-Sup’optique.

Qu’avez-vous ressenti lorsqu’on vous a décerné le prix ?

Nous étions surpris. Pour nous, ceux qui excellaient dans ce genre de concours sont issus d’une école de commerce. Ce n’est pas que nous ne croyions pas en notre projet mais on ne nous a pas enseigné comment vendre un projet et comment vanter ses mérites.

En quoi consiste votre business plan Som’Systems ?

Christophe Lepaysan : Avant d’installer une éolienne, on doit s’assurer de la présence de vents suffisamment forts à l’aide d’un produit technologique, le nanomètre optique. Cela permet de déterminer l’endroit optimal pour placer une éolienne. Notre produit est performant en vertu de sa précision, de sa fiabilité et de sa robustesse. L’écologie est au cœur de ce projet. Nous comptons alimenter ce système grâce à des panneaux solaires qui alimentent le nanomètre optique et lui confèrent une autonomie énergétique.

Y-a-t-il des réalisations concrètes de ce projet ? Comment avez-vous l’assurance que cela fonctionnera sur le terrain ?

CL: Nous nous sommes livrés à des tests concluants dans le laboratoire de notre école. Nous les terminerons avant la fin de l’année 2008.

Ce prix vous permet de lancer ce projet puisqu’il offre 10 000 €. Comment allez vous affecter cet argent dans votre entreprise ?

CL : Nous allons utiliser cet argent exclusivement pour déposer le brevet et les premières procédures qui y sont relatives. Cela devrait nous permettre de couvrir ces frais là mais pas plus. Après nous devrons encore chercher des fonds.Nous sommes aujourd’hui à la recherche de partenaires dont nous ne pouvons pas divulguer les noms.

Vous êtes encore étudiant. Quand comptez vous vous lancer corps et âme dans votre entreprise ?

A partir d’août 2009, nous allons commencer notre stage de fin d’études en nous livrant à créer notre entreprise. C’est une chance car à la fin des études, beaucoup ne savent ce qu’ils vont faire et si ils vont trouver du travail. Som’Systems doit nous permettre d’échapper à ses préoccupations là.

Contact : Christophe le paysan : 06 63 71 10 92

Christophe.lepaysan@som-systems.fr