Jacques Dikansky est un entrepreneur très atypique. Homme de passion, il a commencé à s'intéresser à la création d'entreprise dès l'âge de 15 ans, en travaillant dans la distillerie de son père, "Les Alcools du Vexin", pendant que ses camarades préféraient s'adonner à d'autres activités plus ludiques.
La nature entrepreneuriale de Jacques Dikansky s'est révélée à lui très tôt. En effet, dès son adolescence, il passait tout son temps libre dans l'usine que dirigeait son père, la société des Alcools du Vexin, une distillerie qui produisait de l'alcool de betterave et du jus de pomme concentré pour l’industrie des boissons. De courtes études à la faculté des sciences lui ont permis de parfaire ses premières compétences empiriques.
En 1980, les actionnaires de la société et son père alors âgé de 87 ans décident de fermer la dernière usine d'un groupe disloqué par les héritages. Jacques Dikansky, âgé de 20 ans seulement, arrête ses études et fait le pari de relancer l'affaire qui se trouve dans un état de ruine avancée.
"Tout est parti d'une rencontre"
Une rencontre avec un chercheur de l'école d'agronomie de Rennes va le lancer sur sa voie actuelle. A cette époque, ce chercheur lui fait réaliser qu'il possède le système de production nécessaire à l'extraction des huiles essentielles et des extraits végétaux de fruits et légumes. En effet, l'alcool s'obtenant par distillation, ce même procédé peut être utilisé pour extraire les huiles essentielles et les extraits aromatiques contenus dans les fruits et légumes.
Après plusieurs rencontres avec les industriels agroalimentaires, Jacques Dikansky réalise qu'il existe un réel besoin et un marché potentiel important pour les extraits végétaux naturels, colorants, aromatisants ou ayant des propriétés conservatrices.
Il décide alors de créer sa propre entreprise et donne le jour à la société "Arômes de Bretagne", dont l'activité sera la fabrication d'ingrédients naturels extraits de fruits et légumes. En 1983, cette dernière rachète les actifs des "Alcools du Vexin". En 1988, la société "Arômes de Bretagne" réalise un chiffre d’affaires de 40MF pour un résultat net de plus d'1MF et présente de belles perspectives de développement. C'est alors que Jacques Dikansky est approché par le groupe Guyomarc'h qui lui propose d’acquérir sa société dans le cadre d’un projet de diversification industrielle.
Poussé par l'envie de voir d'autres horizons et surtout de se lancer dans une nouvelle aventure entrepreneuriale, Jacques Dikansky accepte de céder sa société.
Son désir de maîtriser l'ensemble du process industriel l’incite à racheter quelques affaires en difficulté, dans le secteur de l'industrie agroalimentaire, qui fabriquent des produits condimentaires sous marque de distributeurs. Ses clients sont alors les principaux acteurs de la grande distribution. En 4 ans, il redresse et fusionne les sociétés pour n'en faire qu'une seule. Cependant, vite lassé dans cette nouvelle activité par les relations particulièrement difficiles avec le monde de la grande distribution, il décide de revenir à son premier métier et vend l’ensemble de son groupe à la société Ducros.
"Convaincu que les consommateurs veulent des ingrédients naturels, Jacques Dikansky lance Naturex"
Fort de son expérience acquise avec les "Alcools du Vexin" puis les "Arômes de Bretagne" et convaincu que les consommateurs vont pousser l'industrie agroalimentaire à privilégier l'utilisation des ingrédients naturels, Jacques Dikansky créé NATUREX en 1992 dans le Sud de la France.
En effet, ne souhaitant pas concurrencer sa première entreprise, "Arômes de Bretagne", il choisit d’utiliser l’image du Sud de la Provence, beaucoup plus porteuse en termes de produits naturels du terroir et de qualité de vie.
Jacques Dikansky décide d’installer NATUREX en Avignon, non loin de Marseille où le Port Autonome lui offre une opportunité intéressante et stratégique pour l’acheminement des matières premières venant essentiellement du Maroc. Considérant son marché au niveau mondial, il définit sa stratégie sans se préoccuper des frontières.
Aujourd'hui, la structure commerciale de NATUREX a sa tête de pont aux Etats-Unis, où l'entreprise réalise plus de la moitié de ses ventes. Pour faire des acquisitions successives et opérations de croissance interne une réussite, Jacques Dikansky partage ainsi son temps entre le continent américain et le continent européen.
"Un chef d'orchestre autodidacte et novateur"
Autodidacte sans complexe, Jacques Dikansky se définit comme un entrepreneur battant, passionné et novateur.
Sa vision est très pragmatique : une entreprise est composée d'hommes, de machines, de produits, de clients et de fournisseurs. Le seul objectif de l'entrepreneur est d'aligner ses éléments, et de mettre en musique leur fonctionnement. A ce titre, il se considère comme un chef d'orchestre, avec une vision globale et des moyens pour la mettre en oeuvre. 
La particularité de M. Dikansky est de cumuler les qualités de technicien et de commercial. Il est à la fois capable de détailler les processus de fermentation ou les caractéristiques antioxydantes du romarin et d’expliquer le « Marketing Mix » ou les contraintes de commercialisation de chacun de ses produits en fonction de leurs marchés respectifs. Il a d'ailleurs fondé une partie de son discours commercial sur les expertises techniques de NATUREX, ainsi que sur sa capacité d'innovation.
M. Dikansky a non seulement une vision technique des besoins des clients, mais il est surtout capable de les transformer en arguments marketing efficaces.
M. Dikansky est parvenu à établir un équilibre dans les compétences requises pour la réussite de son entreprise, ainsi que dans l'arbitrage entre vie privée et vie professionnelle. Il est aussi et surtout heureux de pouvoir travailler sur des projets qui le passionnent, projets qu'il parvient sans difficulté à faire partager à ses équipes. Et il s'agit peut-être là de sa plus belle victoire.